16 Décembre 2007

Vous vouliez du Sarko, en voilà! En voilà de l'Etat policier, de la milice d'Etat, de la violence d'Etat!...qui a déjà fréquenté une seule fois la BAC ou passé quelques soirées en banlieue connait cette violence là, étatisée...mais combien de personnes éloignées justement de cette réalité se retrouvent confrontés désormais, bouche bée, à cette violence?... entrain de se généraliser, de se normaliser, justifiée à grands coups de reportages au JT de l'Elysée!
Avant hier la violence policière dans les facs, hier la violence policière contre les Don quichotte, et tous les jours la violence policière contre les jeunes français trop louches car trop bronzés, violence sournoise, celle du tutoiement, celle du regard et du contrôle du papelar, celle de l'interpelation gratuite, la violence cachée des expulsions d'étrangers, la violence sociale de tous les jours, avant celle de la matraque, des coups de rangos et de casque, et voilà qu'on reparle d'équiper le poulailler de cette chaise electrique de poche, à l'américaine, appelée taserX26 !
J'en viens même à me demander comment on peut encore s'étonner que certains jeunes ou moins jeunes ne voient plus que par le feu!? Le "sentiment d'insécurité" se transforme aujourd'hui en véritable insécurité, policière...qui creuse au plus profond le fossé entre le poulet et le citoyen!...
Bien sûr la grande majorité des français qui ont élu Sarko ne se rendent pas compte de tout celà, ça reste des images à la télé. Mais petit à petit, ça devient une réalité pour de plus en plus de monde, des gens juste en desaccord!
Ca surprend?...on ose recevoir avec des p'tits fours cette pute mégalo de kadafi, on ose faire partie des seuls 3 pays qui félicitent l'élection d'un autre dictateur sanguinaire russe, en notre nom!! rien n'est plus surprenant en Sarkosie, il faut se préparer à ne plus être surpris par rien!
Même la duchesse De Ségo de Caviar, la dandy de Paris, hier soir chez Ruquier nous la jouait top détendue, sans un mot contre tout ça, pathétique! Heureusement quelquechose semble se préparer, enfin, une intervention m'a redonné un peu le sourire, celle du socialiste Emmanuelli qui appelait les socialistes à se fédérer "autour de Besançenot, des verts et du parti communiste!"...l'espoir d'une grande famille en sursaut!?
...mais bon, place à un article que j'ai trouvé très bien, car très simple, sans grandes formules, juste les faits et ce qui en découle! juste un état d'urgence crié, publié sur le fanzine e-torpedo le 13 décembre via Bellaciao!
...pour de bon,
la bouteille
et l'essence en bidon...
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De : A Verstraeten
Bonjour à tous,
Ma fac (Lyon II) s’enfonce tous les jours un peu plus dans le mépris des étudiants et dans un logique policière qui m’inquiète profondément.
Les médias ne nous suivent pas, ne relayent rien, s’auto censurent ou se font censurer.
Tout a commencé avec la Loi Pécresse de réforme des Universités, signée dans la précipitation cet été par le président de la fac, Monsieur Journès.
Certains étudiants et enseignants s’opposent à cette loi., Les étudiants ont choisi le blocage de l’Université comme mode d’action. On peut être pour ou contre, je ne suis pas sûre que ce choix ai rendu service aux manifestants et à leur image mais aujourd’hui, à la limite, peu importe. On a, pour l’instant, dépassé ce débat.,
Depuis quelques jours, le président de l’Université a fait appel aux "forces de l’ordre" : des vigiles privés, très jeunes, non asermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué "sécurité".
Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l’Université en montrant notre carte "cumul" (une carte magnétique d’étudiant ou d’enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte... de paiement dans l’enceinte de la fac... ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup).
Il semble bon de rappeler qu’une Université est, selon la loi, un "établissement public à vocation scientifique et culturelle"..., Les étudiants qui manifestaient scandaient à l’encontre des vigiles, hier matin : "Voyous, racailles."
A l’entrée principale du campus de Bron, et rue Chevreul sur lle campus des quais du Rhône, dès 7h30 le matin, tous les jours, les CRS arrivent pour déloger les étudiants qui protestent.
Ils sont, régulièrement, soutenus par la gendarmerie mobile.
J’étais là, hier matin. Deux de mes étudiantes m’avaient dit avoir été "molestées" par les CRS la veille et voulaient que j’en sois témoin. Eh bien oui, ils les plaquent au sol, les jettent plus loin, les matraquent dans le ventre et sur la tête.
Sur les quais, hier, deux leaders syndicaux étudiants (un de Lyon 2, l’autre de Lyon 3) ont été désignés du doigt par des policiers en civil avant d’être poursuivis dans une rue adjacente par les CRS.
Ce qui signifie, nous sommes d’accord, qu’un travail préalable "d’information" a été effectué et que ces arrestations sont ciblées pour détruire les mouvements syndicaux., Les deux hommes sont en garde-à-vue et devraient être déférés à la Justice aujourd’hui même (donc : il existe désormais des comparutions immédiates pour les manifestants, vous serez prévenus). Dans un communiqué odieux et mensonger, la présidence de la fac dit qu’ils sont "extérieurs à l’Université" et que ces arrestations sont survenues après des troubles.
Un étudiant a été blessé et, une fois aux Urgences, a hérité de douze points de suture sur le crâne. Des étudiants ont été mis en joue au flashball.
Des policiers en civils sont toujours là, dont un homme sur mon campus : de "type méditerrannéen", il porte une grosse doudoune noire, un talkie walkie dans une poche, un appareil photo dans l’autre. Lui et ses camarades filment longuement les manifestants.
S’ils ont effectivement été convoqués par le président de l’Université dans le seul but de permettre aux étudiants qui veulent suivre les cours d’entrer dans la fac, pourquoi filment-ils ? Doit-on ajouter la DGSE à la liste des membres du personnel de l’université ?
De notre côté, enseignants ou étudiants, ils nous empêchent un maximum de filmer.
Ce qui siginifie que les images disponibles sur youtube et sur dailymotion ne sont pas à la hauteur de la réalité.
Je refuse d’entrer dans une fac investie de forces de police, de gendarmerie et de vigiles privés non asermentés. Je refuse de montrer des papiers d’identité pour me rendre sur mon lieu de travail. Je refuse de me faire bousculer par des CRS. Je refuse de me faire tutoyer avec mépris par des individus que je ne connais pas. Je refuse d’entendre un vigile insulter un de mes collègues (pourtant munis du sac en cuir typique de l’enseignant, pourtant plus honorable que moi dans l’allure avec ses cheveux blancs) en lui disant
Nous ne sommes pas, que je sache, dans un état policier. Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela signifie que les règles du jeu ont changé. Je croyais que l’on avait le droit de grève dans notre pays. Je crois que ce qui m’inquiète le plus, c’est de recevoir des communiqués de la Présidence affirmant que la situation est désormais "normale".
SI CETTE SITUATION EST NORMALE, JE DEMISSIONNE.,
D’autre part, pour permettre l’action des ces policiers, militaires et vigiles, toutes les sorties de sécurité sont bloquées. Certains enseignants et étudiants s’obstinent à faire cours dans une ambiance délétère et dangereuse. Ce qu’ils risquent purement et simplement, en cas d’incendie, c’est de brûler vifs dans des locaux qui sont déjà vétustes.