Il est de ces documentaires si sensibles qu'ils vous percutent en pleine tête, en plein cœur, jusqu' au fond des tripes. De ce genre de documentaire durant lesquels au bout de 20 mn de bouche bée, vous pensez à nouveau à déglutir, la boule bien installée en fond de gorge...

Le dernier grand choc de doc fut pour moi 5 caméras brisées, plusieurs fois primés par la suite. L'histoire d'Emad, palestinien de Bil'in qui profite du caméscope acheté pour la naissance de son fils pour filmer son village, ses amis, sa famille dans leur lutte pacifique contre ces murs de béton construits pour les séparer d'une nouvelle et énième colonie israélienne. Une lutte pacifique pour garder leurs terres, et finalement leurs vies.

Des portraits bouleversants des siens, sur plusieurs années d'escalade dans le conflit, jusqu'à ce qu'il rencontre un cinéaste qui montera avec lui plusieurs épisodes, au rythme des blessés, des morts et des caméras cassées. Une histoire dans l'histoire avec un grand H. Ce document est de ces documents dont on se souvient quand le refrain de certaines infos reviennent en boucle à la télé ou sur les ondes, avec cette sensation de savoir...


5 Caméras Brisées Bande-annonce par toutlecine

 

J'ai suivi hier soir un grand moment similaire de film documentaire avec, sur Arte, Homs, chronique d’une révolte du cinéaste Syrien Talal Derki. Un doc exceptionnel, pour les mêmes raisons que l'autre, des histoires d'hommes dans l'Histoire des hommes. Le film retrace les épisodes de la révolte d'Homs, menée par Abdel Basset, ancien gardien de but de l'équipe nationale.

Sur plus de 2 ans nous suivons ces quelques hommes dans ce qui va basculer dans une révolution, puis dans l'enfer de la guerre. Avec tout ce que cela comporte d'amitiés, de partage, de solidarité, de débats, dans les salons au départ, les manifs par la suite, sur le front pour finir.

Abdel est beau, un beau gosse au sourire blanc comme une colombe qui harangue la foule en chantant dans les premiers temps des manifestations pacifistes dans un micro saturé, en dansant, riant. Toute l’évolution du conflit se fait au son de ses chants libérateurs.

Le jeune contestataire révolté devient peu à peu et "naturellement" un homme de guerre face au feu, épuisé par les morts, les blessés, la disparition de son ami Oussama, le blocage des routes d'approvisionnement de cette ville sacrifiée.

Abdel ne lâche pas, Abdel craque, Abdel hurle, Abdel frôle la mort, Abdel se relève. Porté par la révolution libératrice, il ne peut abandonner ses amis et revient à Homs coûte que coûte, en chantant, toujours et encore, les bras au ciel.

Bien sûr Dieu s'invite au festin de l'horreur, les "martyrs" qu'on enterre quand on peut les récupérer aux bas des immeubles mais on découvre ici avant tout des hommes qui luttent pour leur terre, loin des fous d'allah armés.

Bien sûr on ne peut tout maîtriser dans le flot culturel, religieux, historique de la Syrie, mais ce documentaire parle avant tout d'hommes, d'humanité...loin des clichés voyeurs à la BFM TV qui annoncent des guerres comme on énumère des résultats sportifs et font que l'on oublie trop souvent, nous, téléspectateurs à l'oeil bovin que derriere, il y a des hommes, du sang et le traumatisme du feu, sur plusieurs générations.

A voir en replay ! A ne pas louper !

 

 

Chanter sous le feu - Homs, chronique d’une révolte.

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