17 Septembre 2009

Déclaration collective des victimes de perquisitions et gardes à vue dans l’affaire dite du "Corbeau"
St Pons le 9 septembre 2009
Au nom de toutes les personnes inquiétées par les perquisitions et les gardes à vue je dois remercier toutes celles et ceux qui se sont mobilisés en diffusant l’appel au rassemblement de samedi et tous ceux bien sûr qui sont venus sur cette place pour exiger la libération de tous les gardés à vue.
Sachez le, et faites le savoir, c’est cette mobilisation qui a permis d’écourter les gardes à vue, gardes à vue qui, dans une procédure d’antiterrorisme, peuvent aller jusqu’à 96 heures. Bien sûr c’est aussi que la police n’avait aucune preuve.
Les victimes des opérations policières de ces derniers jours ont tenu à convoquer cette conférence de presse publique, et nous insistons sur publique pour :
En premier lieu donc pour rétablir publiquement leur dignité bafouée.
Ensuite, pour témoigner aussi devant tous leurs concitoyens réunis ici de ce qu’ils viennent de subir et qu’il ne peuvent accepter.
Enfin, pour dénoncer publiquement la mécanique sécuritaire qui les a amenés du jour au lendemain, qu’ils soient militants ou non, catalogués à gauche ou à droite, de conditions sociales aussi diverses que commerçant, plâtrier, notaire, dentiste, chômeur, paysan, architecte, retraité de l’éducation… à voir leurs droits fondamentaux niés. Mécanique qui les a conduits à se voir suspectés et accusés pas moins que de terrorisme au prétexte qu’une ou des personnes ont envoyé des lettres anonymes à ce qu’il est convenu d’appeler des personnalités .
Je précise bien sûr que cette affaire abracadabrante de lettres, n’est pas notre propos et qu’elle ne concerne en rien ce rassemblement.
Ce qui nous concerne par conrtre au plus haut point, c’est donc bien cette dérive sécuritaire qui place d’emblée chacun de nous comme un coupable potentiel qu’il faut dès sa plus tendre enfance, surveiller et ficher.
Beaucoup d’entre nous, qui millitons et dénonçons depuis longtemps cette engrenage liberticide, qui ne date pas d’hier, car il se décline crescendo de gouvernement en gouvernement depuis des décennies, mesurons les conséquences pour la société toute entière, et pour les individus.
Nous ne fantasmons pas quand nous alertons la société sur les dangers du fichage, le fichage ADN en particulier, sur la biométrie, et la viséo-surveillance aujourd’hui, sur le puçage demain… tout cela vient de s’incarner ici, à St Pons.
Aujourd’hui ce sont nos amis d’ici qui viennent de le vivre dans leur chair, car une garde à vue de soixante heures, les mains menottées ça laisse des traces et une perquisition au petit matin par une armada de policiers ça ne s’oublie pas non plus.
Aujourd’hui c’est ici, à St Pons dans l’Hérault, que cette logique a sévi, mais hier c’était à Tarnac en Corrèze .
Les gens d’ici savent maintenant ce que ceux de Tarnac ont vécu et ils ne veulent pas que cela continue et que demain d’autres le vivent.
Ils demandent simplement que les valeurs inscrites sur ce batiment derrière nous, Liberté Egalité Fraternité, valeurs universelles et universellement bafouées chaque jour depuis 200 ans, même par ceux qui s’en réclament, soient enfin appliquées