Quand "la moutarde me monte..."

La police des polices, sous des airs de milice d'Etat (voir témoignage plus bas), s'est tapé une petite partie de chasse aux militants et autres grandes gueules forcément suspectes ces derniers temps dans le 34...un "Tarnac bis", des preuves qu'on cherche en vain, des élus locaux qui balancent leurs administrés qu'on fout en taule juste pour la télé, dans le cadre d'une politique anti-terroriste qui nage en plein fantasme...

Le délit d'opposition est bien là, le délit de l'ouvrir un peu trop, le délit d'être simplement des militants associatifs, hop, 3 jours en taule!...mais c'est rien face à ce que cela produit dans les foyers par petits écrans interposés: de belles images qu'on croirait sorties d'une série policière de TF1 et qui atteste d'un Etat autoritaire et de plus en plus liberticide!...avec des quotas de garde à vue à atteindre, des violences policières de plus en plus banalisées parce que des flics poussés au chiffre et qui se lâchent...le tout ravissant le petit citadin qui assoifé de sécurité  n'osera bientôt plus sortir de chez lui après 20h!

Plus localement, dans le (la cellule) 31, à Tournefeuille, Nevzat le turc était reconduit à la frontière 1 an jour pour jour après son mariage, laissant à peine le temps aux associations et collectifs de soutiens de manifester face à l'expulsion de Nevzat qui laisse une femme et ses 3 enfants pour un retour dans les prisons politiques turques! Ce cher Mr Hamon, toujours droit, jeune et bronzé dans son costard gris souris habituel était par hasard dans le même avion, et n'a pas bronché durant le vol...les droits de l'homme? ... c'est pour les utopistes les droits de l'homme...c'est qu'il a des primaires à gérer le ministrable de 2012!

Jour après jour l'Etat se fait de plus en plus autoritaire, et grignote nos libertés, pendant que la majorité des français, la très grande majorité des français se sent rassurée et regarde ailleurs...préférant se féliciter comme le lui souffle le journal de 20h de la vente d'avions de guerre en Amérique du Sud!

Je ne suis pas allé à l'aéroport et la pref bien que je fût au courant dès la première heure de la garde à vue de Nevzat, parce que ces appels à la manif en silence, aux rassemblements pacifistes me gonflent!  On parle si facilement de réminiscence de la politique de Vichy, à juste titre, mais on reste là, pacifiste, acceptant la décision d'un Préfet de recevoir le collectif le lundi alors que l'expulsion a lieu le dimanche! Où est passée la colère, l'action, le happening, le sabotage...?

Maintenant que Nevzat est en turquie, les petits élus locaux sortent de leur tanière...sur un cas dont ils ont bien entendu parler, de loin, comme ça, y'a deux ou trois ans...quand il était de bon ton de récupérer politiquement l'émergence de tous ces collectifs.
Moi face à ça j'attends des élus qui se pointent à l'aéroport pour faire barrage physiquement aux expulsions, à l'arbitraire et aux humiliations comme le dénonce aujourd'hui que le mal est fait Madame Iborra, y voyant là un moyen de sortir un peu de l'ombre...elle "suivra le dossier"... et continuera à taper dans le dos du collectif de soutien qui de toute façon criera à l'injustice, mais pas très fort, sans dépasser le petit cordon qui délimite la salle d'attente de la zone d'embarquement, sans coup d'éclat, sans trop de vagues, de cris, d'action justifiée quand on atteint nos libertés et notre dignité, devant la pref, dans les aéroports, devant les commissariat...

Mais pour mieux exprimer ce qui représente pour moi l'action militante dans le contexte que nous connaissons je préfère copier coller ci dessous un communiqué du collectif hollandais "The Anarchist Fire", s'exprimant il y a quelques jours sur le net via Indymedia NL sur son action de destruction d’un site de détention pour émigrants en construction à Rotterdam...

Aux premières heures du 23 août nous avons saboté la construction d’un nouveau centre de détention pour émigrants à Fairoaksbaan, aéroport de Rotterdam, Pays-Bas. Nous avons mis le feu à l’endroit où se trouvent les bureaux qu’utilisent les directions des sociétés de planification et de construction responsables du projet.
Toutes les entreprises impliquées dans la planification, la conception, la construction et l’exploitation font des profits sur l’emprisonnement des personnes avant leur expulsion. Elles soutiennent le système répressif qui vise à briser la dignité des migrants, les exploite et même les tue. Notre action vise à arrêter la construction de la forteresse Europe. Elle ne sera sûrement pas la dernière tentative pour en finir avec les murs et les clôtures.
L’action a été prévue pour coïncider avec le début du camp international No Border dans l’île grecque de Lesbos.

Nous lançons un appel à tous pour mettre le feu aux systèmes qui cherchent à détruire les gens.

Salutations distinguées,
Le Feu anarchiste


***


Récit de Jean Sabench, militant de la Confédération paysanne, ancien maire adjoint de Riols, suspect perquisitionné dans l'Hérault:

Jeudi 3 septembre à six heures du matin, six fonctionnaires de la police judiciaire et de la brigade anti-terroriste étaient à mon domicile, alors que mon épouse et moi étions absents. Sans l'intervention d'une voisine, alertée par le vacarme, ils auraient probablement enfoncé la porte.

Après avoir pris rendez vous, ils sont revenus le lendemain matin pour procéder à une perquisition, prise d'ADN , échantillon graphologique et interrogatoire.

Je me suis opposé à la perquisition au relevé d'écriture et à la prise d'ADN. N'ayant pas de commission rogatoire, ils ont été obligés d'en demander un au procureur anti-terroriste du tribunal de grande instance de Paris. Le procureur a refusé de délivrer cette commission!

 

Cela s'est produit dans le cadre de la chasse au «corbeau» qui, selon la presse, mobilise la fine fleur de la police nationale.


Jeudi 3 septembre il y avait près de 150 policiers mobilisés: brigade anti-terroriste, direction centrale du renseignement intérieur, police judiciaire parisienne, pilotés par un procureur anti-terroriste du tribunal de grande instance de Paris.

Une vingtaine de personnes ont été interrogées, perquisitionnées à 6 heures du matin, 11 mises en garde à vue pour trois jours, sans possibilité de contact extérieur.

La presse a abondamment fait état des pressions exercées «en haut lieu» sur la police. L'arrestation d'un corbeau psychopathe qui signe «cellule 34» présente peu d'intérêt pour le pouvoir, par contre l'arrestation d'un groupe terroriste offre des possibilités d'exploitation politique.

 

A un buraliste, militant communiste, on a donné le rôle du suspect principal, au prétexte qu'il envoie de nombreuses lettres, parfois un peu rudes, aux élus et qu'il s'agit d'un ancien légionnaire.

Contrairement au corbeau, il signe ses lettres. Il n'est pas le seul à posséder des armes et des cartouches dans un secteur où CPNT a réalisé jusqu'à 45 % des voix. Mais tous les possesseurs d'armes ne sont pas des corbeaux potentiels!

Autour de lui, pour donner consistance au «groupe terroriste», la police va embarquer des militants communistes et des clients du bureau de tabac. Un plâtrier qui attendait l'ouverture du magasin pour acheter son paquet de cigarettes a lui aussi été embastillé.

Et pour faire bonne mesure la police s'intéresse aux militants syndicaux et associatifs.

 

Les notables locaux de l'UMP ont eux aussi été inquiétés. Est-ce pour faire croire qu'il ne s'agit pas d'une manœuvre politique, ou parce qu'ils fréquentent le bureau de tabac, ou bien parce qu'ils sont opposants à l'élu local?

 

Comment a été constituée la listes des personnes qui ont eu affaire à la police?

La question reste posée. La police a contacté les maires du secteur pour leur demander si dans leur commune il y aurait des gens susceptibles d'être des suspects.

 

Midi Libre remarque fort justement que le seul point commun entre toutes les personnes auditionnées était de s'être opposées à un moment ou un autre au député (PS), maire de Saint-Pons, vice président du conseil général, vice président de la communauté de communes...

 

Quand j'ai demandé à un des policiers quels étaient les indices qui l'avaient conduit à venir m'interroger, il a reconnu qu'après le suspect n°1 et quelques proches, les citoyens militants étaient prioritairement ciblés. Était ce pour faire nombre ou pour les intimider?

 

Malgré la pression mise sur les personnes en garde à vue, la police a du les libérer faute d'avoir la moindre preuve.

On pouvait craindre que se reproduise l'injustice dont a été victime Julien Coupat, incarcéré pendant plus de six mois, suspecté, sans le moindre indice ni la moindre preuve, d'avoir formé une « cellule invisible » à laquelle est imputé le sabotage d'une caténaire de TGV.

Tout ceci est emblématique d'une police qui déraille sous la pression d'un pouvoir qui perd les pédales, et qui préfère fabriquer des faux coupables plutôt que de prendre le temps de trouver le vrai... s'il existe. C'est de la police spectacle, police bling-bling !
Pour analyser les écritures, les policiers ont dicté Le Corbeau et le Renard à ceux qui ont été interrogés (preuve qu'ils ont de l'humour!).
Si le corbeau est celui qui écrit les lettres de menace, le rusé renard ne saurait en aucun cas représenter la police. Le corbeau n'a pas lâché son fromage, et les poulets ont fait chou blanc.
Maintenant il reste à dénoncer les procédés, demander des explications et exiger réparation pour le préjudice moral subi.


***


(Selon le décret du 19 juin 2009, est puni d'une amende de 1.500 euros au plus (contravention de 5e classe) «le fait pour une personne, au sein ou aux abords immédiats d'une manifestation sur la voie publique, de dissimuler volontairement son visage afin de ne pas être identifiée dans des circonstances faisant craindre des atteintes à l'ordre public». Le décret prévoit qu'en cas de récidive dans un délai d'un an, l'amende peut être portée à 3.000 euros.)

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