5 Septembre 2009
Pas trop grave
Le 9 juin, le tribunal correctionnel de Versailles jugeait trois policiers poursuivis pour avoir harcelé sexuellement une de leur collègue féminine au commissariat de Vélizy (78), de décembre
2007 à octobre 2008. La jeune femme avait subi des insultes quotidiennes, et de constantes propositions sexuelles. De plus, au cours de séances d’attouchements sexuels, elle était menottée par
ses collègues. Le procureur, peu soucieux d’envoyer en prison de braves défenseurs de l’ordre public avait requis des peines allant de dix-huit à vingt-quatre mois de prison avec sursis contre
ces policiers “frivoles”. Les juges, un peu plus indignés devaient condamner les trois salauds à six mois de prison ferme, et sept mille euros de dommages et intérêts à payer à leur victime.
(Source, Métro, 10 juin 2009)
Toujours le flash-ball
Le 4 juin, à Bondy (93), contrôle d’identité dans un quartier. En cette circonstance, un jeune aurait donné un coup de poing à un policier. Lequel, en tombant, aurait tiré involontairement avec
son flash-ball. Atteint en pleine poitrine, le garçon était transporté à l’hôpital, crachant du sang. Sa version est très différente de celle du policier flingueur : ”Le type est sorti de la
voiture, m’a agrippé, et comme j’ai résisté le coup est parti tout de suite, presque à bout portant.” Un ami de la victime raconte : “Il y a quelques mois, un copain a été touché aux côtes. Ça
fait une sacrée douleur… Ils nous braquent pour un oui ou pour un non et, parfois, le tir part.” A Neuilly-sur-Marne, au début du mois de mai, un garçon prénommé Samir, atteint à la tête par un
tir de Flash-ball, avait été hospitalisé, avec un traumatisme crânien. Après l’affaire de Bondy, l’IGS a été saisie, et le tireur suspendu, mais que deviendra l’enquête ? Une députée du “93″
s’indigne : “Beaucoup de plaintes déposées après des incidents de ce genre ont été classés ou égarés !” (Source, Le Canard Enchaîné, 10 juin 2009)
Police familiale…
Le 15 juin, Michelle Alliot-Marie recevait au Carrousel du Louvre, à Paris, préfets, policiers et gendarmes, ainsi que quelques responsables d’associations. En tout, quelque 1 600 serviteurs de
l’Etat. Outre un certain nombre d’informations dispensées sur les UTEQ (Unités Territoriales de Quartier, actuellement au nombre de 24 et qui seront 100 en 2010, la ministre de l’Intérieur devait
annoncer la création de brigades spécialisées dans la lutte contre les violences familiales. Ce qui manquait encore dans le paysage policier. On n’arrête pas le progrès… (D’après
Libération, 16 juin 2009)
Délit de gratouillis
Très récemment, entre Périgueux et Brive, un automobiliste circule tranquillement, quand il est stoppé par un véhicule de la gendarmerie. Motif annoncé par un pandore : “Vous téléphonez en
conduisant !” Surpris, l’automobiliste récuse cette accusation, mais le pandore insiste : “Monsieur, on vous a vu !” Réponse de l’automobiliste : “Consultez donc l’historique de mes appels”,
avant de tendre son téléphone portable au serviteur de l’ordre public. Aucun appel n’étant enregistré, l’accusateur ne s’avoue pas vaincu et éructe : “Vous aviez quelque chose à la main, vous
teniez un objet…” Même s’il s’est agi d’un simple grattement de tête, le représentant de la loi va dresser un PV, avec le motif suivant : “Conduite d’un véhicule dans des conditions ne permettant
pas au conducteur de manœuvrer aisément !” Tarif, 22 euros. (Source, Le Canard Enchaîné, 17 juin 2009)
Délinquance policière
Le 16 Juin, le ministère de l’Intérieur rendait public le nombre de sanctions prononcées en 2008 par les Commissions de discipline de la police nationale. Par rapport à 2007, 1es sanctions ont
augmenté de 13,6% soit 3 423 simples dérapages policiers ou authentiques bavures. Il est dommage que nous n’ayons pas eu connaissance de la gravité des faits ; le seul chiffre fournis étant celui
des 98 révocations. Ce qui laisserait entendre que les 3 325 autres sanctions ne concerneraient que des faits bénins. Par ailleurs, en 2008, 1es services de l’IGPN ont ouvert 1 345 dossiers
d’enquête dont 44% ouverts sur saisine judiciaire, 24% sur saisine administrative, et 32% émanant de particuliers. Ces dossiers concernaient 585 faits d’atteintes aux personnes, 421 fautes
professionnelles, 54 incidents de vie privée et 71 divers. Il s’avère que si les policiers travaillent plus pour ne pas gagner davantage, certains d’entre eux exécutent leur tâche sans trop de
délicatesse. Et puis, alors que le nombre de policiers serait en diminution, la délinquance police paraît être en nette augmentation. (D’après, Le Monde, 18 juin 2009)
Justice expéditive
Sous mandat de dépôt depuis la fin ou mois de mai 2009, un gendarme de Reischoffen (67) a été retrouvé pendu dans sa cellule de la maison d’arrêt de Strasbourg. Ce brave pandore avait simplement
émasculé l’amant de sa femme. (Source, La Provence, 19 juin 2009)
Unité d’action…
Le syndicat de policiers en tenue UNSA-Police, et le SGP-FO ont décidé de fusionner. Ces deux syndicats, qui se prétendent de gauche mais dont les adhérents, sur le terrain, ne se comportent
guère différemment que les policiers supposés de droite, vont donc constituer une nouvelle force syndicale de policiers en tenue, dénommée l’Union. Faut-il attendre de ces fonctionnaires
d’autorité qu’ils refusent la logique productiviste que le pouvoir attend des policiers, qu’ils soient de droite ou relevant d’une gauche approximative ? (D’après Le Monde, 20 3uin 2009)
Carnavalesque
Le décret émanant des services du Premier ministre, interdisant “le fait pour une personne, au sein ou aux abords immédiats d’une manifestation sur la voie publique, de dissimuler volontairement
son visage aux participants des manifestations publiques” a été publié au Journal Officiel daté du 20 juin 2009. Comme prévu, les contrevenants pourront être passibles d’une amende de 1
500 euros, et de 3 000 euros en cas de récidive dans le délai d’un an. Décret publié, curieusement, trois jours avant l’examen de la proposition de loi du député UMP Christian Estrosi. En
sera-t-il de même des femmes portant le voile intégral ou la burqua, voire de celles ou ceux décorés d’un masque de carnaval ? (Source, 20 Minutes, 22 Juin 2009)