Si seulement "il avait voulu", les verts ne seraient pas crédités de 3 petits % pour dans 2 mois !...

 

http://photo.europe1.fr/infos/politique/duflot-joly-tribune-reuters-930620-18.08.11/12273721-1-fre-FR/duflot-joly-tribune-reuters-930620-18.08.11_scalewidth_630.jpgAllergique aux partis, il a préféré laisser la Duflot agir ... la Duflot et son débit de paroles qui n'est pas sans me rappeller (et me faire hérisser les poils d'agacement), ces jeunes syndicaleux de l'Aget Unef qui à l'heure de l' AG se transformaient du haut de leur orgueil en véritables pies donneuses de leçons, à s'en égosiller ... ils en oublaient même la ponctuation, ce qui rendait leurs discours de jeunes apprentis du pouvoir autant assomant qu'exaspérant !...généralement 3 mn me suffisaient pour être bien saoûlé en solo !

 

Comment en vouloir au vieux lascar de Dany de ne pas avoir eu envie de s'imposer face à la merdeuse ?...et de laisser une marionnette défraîchie supporter la bavasse à sa place ! Comment lui en vouloir d'avoir reprit le train ?

 

"Il a pas voulu"... 

Comme si une collectivité ne trouvait pas l'énergie suffisante en son sein pour se dépasser, et qu'il faille s'en remettre à un seul.


"Il a pas voulu"... 

" Le 17 janvier, j'ai vu, côte à côte, François Bayrou et Yann Wehrling, un ancien écolo aujourd'hui au MoDem qui a passé sa vie à se battre contre le nucléaire. Bayrou expliquait qu'il était contre la fermeture de Fessenheim, et Wehrling se taisait. Eh bien, c'est ça, pour moi, l'horreur des appareils : être ainsi pieds et poings liés, et devoir dire le contraire de ce que l'on pense."

 

L'intégralité de l'article du Monde concernant mon emmerdeur de tourner en rond préféré, à déguster ci dessous...

 


 

http://www.nationspresse.info/wp-content/uploads/2011/08/Cohn_bendit.jpgUn petit tour et puis s'en va.

A chaque scrutin, Daniel Cohn-Bendit participe à la campagne des Verts, les bouscule et repart à Francfort. Une relation amour-haine bien rodée.

 

Il y a quelques semaines, Cécile Duflot a laissé un message sur le téléphone portable de Daniel Cohn-Bendit. " Bonjour, ici l'apparatchik numéro un. Est-ce que le Roi-Soleil peut me rappeler quand il a un moment ? "

Un quart d'heure plus tard, la réponse, ironique et amusée, tombe sur le répondeur de la patronne d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) : " Le Roi-Soleil attend ton appel. "

 

Cet échange, en apparence badin, en dit long sur les relations qu'entretiennent Daniel Cohn-Bendit et les écologistes français. Soupçon de n'être là que pour durer et faire fructifier leur petite boutique, pour le premier. Ironie, agacement, admiration pour les autres.

Il virevolte, un jour à Bruxelles, un autre à Strasbourg, pour les sessions du Parlement européen, quand il n'est pas à Francfort, où il vit. Mais il n'oublie jamais Paris. Ces dernières semaines, on l'a vu sur i-Télé, entendu sur RTL, écouté sur le Net, disserter sur la campagne et sur les difficultés des écologistes.

Puis il repart.

 

On ne parlait que de lui à Strasbourg, le 18 janvier, à la tribune du Parlement européen, quand il s'en est pris au premier ministre hongrois Viktor Orban. Lundi 30 janvier, il doit remettre le prix Mychkine à Stéphane Hessel, l'auteur du best-seller Indignez-vous (Indigène éditions, 2010), au Théâtre de l'Odéon à Paris. Ses amis écolos ne savent jamais ce qu'il va dire, redoutant qu'il ne lâche une petite bombe, ou qu'il cède à la provocation - ce qu'il adore. Mais ils ont au moins la certitude que les médias seront pendus à ses basques.

Il ne leur doit rien, et eux manifestent leurs désaccords à voix basse. Quand il a expliqué qu'il comprenait le vote utile pour le premier tour de la présidentielle, accentuant ainsi les interrogations sur l'utilité d'une candidature écologiste, celle d'Eva Joly en l'occurrence, le sénateur Jean-Vincent Placé, pourtant adepte des déclarations fracassantes, l'a timidement excusé : " Dany dit ce qu'il a toujours dit. " Cette gêne, il s'en amuse, feint de la découvrir : " Ah bon ? Vous croyez ? "

 

Tous ne manifestent pas à son égard la distance d'une Cécile Duflot. Ils sont nombreux à être encore écrasés par sa stature, à rappeler ce qu'ils lui doivent. Noël Mamère, député de la Gironde, évoquant leurs passés respectifs : " Je n'étais qu'un petit provincial, quand lui était un héros de Mai 68. " Alain Lipietz, ancien député européen : " Dany, c'était un grand chef, moi un soixante-huitard de base. " Yves Cochet, député européen, le décrit en " star internationale, à la parole unique, forgée dans les écoles alternatives libertaires ". Eva Joly évoque " une force qui va, un homme qui n'a peur de rien ".

 

Beaucoup ont sollicité son aide pour éclore ou s'imposer. " Je suis venu le chercher en 1986, pour les législatives. Il s'agissait d'un scrutin de liste, à la proportionnelle. Je ne me sentais pas capable d'être tête de liste, je lui ai demandé de le faire. Il a dit non, mais il est venu m'aider ", se souvient Jean-Luc Bennahmias, aujourd'hui député européen (MoDem), et qui fut secrétaire national des Verts de 1997 à 2001. Pour cette même élection, il donne aussi un coup de main à Alain Lipietz. Ils ne seront pas élus, mais ils n'oublieront pas. " C'est lui qui a proposé, en 2001, que je sois candidat à l'élection présidentielle ", se souvient Noël Mamère, encore reconnaissant. " Personne chez nous ne joue dans la même division que lui. "

 

Denis Baupin, chef de file des écologistes à Paris, s'est parfois opposé rudement à " Dany ", mais il est un des premiers à lui envoyer un SMS de félicitations quand celui-ci prend la parole à Strasbourg pour comparer la trajectoire de Viktor Orban à celle du président vénézuélien Hugo Chavez. Denis Baupin aurait pu devenir " danyste " en 2012 : " Je l'aurais soutenu à la présidentielle s'il avait voulu, je n'aurais pas économisé mon énergie. " S'il avait voulu...

Mais que veut-il, au fond ? Il vient, fait campagne pour les écologistes en France quand ils sont au fond du trou, réussit sa mission et même davantage, puis s'en va. Ainsi des élections européennes en 1999, où il a obtenu 9,80 % des voix. Rebelotedix ans plus tard, avec Europe Ecologie. Là, c'est le triomphe : 16 % des voix. Arrivent dans le parti des personnalités qui ne se seraient sans doute pas imposées sans lui : Yannick Jadot, venu de Greenpeace, Sandrine Bélier, de France Nature Environnement, Jean-Paul Besset, un proche de Nicolas Hulot, ancien dirigeant de la LCR et... du Monde.

 

Partir, revenir, éternelle dialectique du " danysme ". Pourquoi ne reste-t-il pas ? " Il ne faut pas oublier que son histoire c'est avant tout l'Europe ", rappelle la candidate d'EELV à la présidentielle. Mais beaucoup, sans le dire, l'accusent de manquer de cohérence. " Il s'immisce dans la vie d'un parti en lançant périodiquement des oukases, mais il se refuse à en assumer le quotidien ", déplore Alain Lipietz, qui évoque le " complexe du Roi Lear ". " Il construit un royaume, le confie aux enfants, mais ne les laisse pas en faire ce qu'ils veulent. " Noël Mamère pointe lui aussi son désintérêt pour l'intendance : " C'est un tribun, une locomotive, et il se préoccupe assez peu du charbon qui alimente la loco. "

Tous soulignent sa méfiance envers les appareils politiques quels qu'ils soient. Daniel Cohn-Bendit évoque, lui, quelque chose qui ressemble à une solide aversion. " Le 17 janvier, j'ai vu, côte à côte, François Bayrou et Yann Wehrling, un ancien écolo aujourd'hui au MoDem qui a passé sa vie à se battre contre le nucléaire. Bayrou expliquait qu'il était contre la fermeture de Fessenheim, et Wehrling se taisait. Eh bien, c'est ça, pour moi, l'horreur des appareils : être ainsi pieds et poings liés, et devoir dire le contraire de ce que l'on pense. "

Les appareils, pour " Dany ", ça se tord, ça se martyrise, ça se violente. Il ne faut jamais leur laisser le temps de reprendre leur souffle. Ses campagnes éclair terminées, auréolé de son score, il attaque. Ouvrir les appareils, les obliger au mouvement, au compromis, voilà son objectif. En 1999, il propose d'aller vers une " troisième gauche écologiste ", sorte de " rocardisme à la sauce développement durable ", selon l'expression de Jean-Luc Bennahmias. Il se fait huer par la salle.

 

En 2010, il se bat pour la création d'une " coopérative ", une structure plus large qu'un parti qui permettrait aux " coopérateurs " une participation à géométrie variable. C'est une machine de guerre qui ne dit pas son nom contre l'appareil Vert. Les militants, une fois de plus, le lâchent, Daniel Cohn-Bendit perd le congrès qui suit et se retrouve minoritaire à EELV. Aujourd'hui, il n'est même pas membre du conseil fédéral du parti...

Lui est en guerre contre les appareils, mais eux, les écolos, pourquoi finissent-ils toujours par l'être avec lui ? Parce qu'il veut sans cesse les contraindre ? " Il nous force à prendre conscience du risque groupusculaire qui, pour nous, n'est jamais loin ", estime Denis Baupin. " Il veut à toute force nous sortir de nos tabous et de nos sectarismes ", analyse Noël Mamère. Gaby, son frère, estime que les écologistes " vivent l'arrivée de Dany comme un viol ". Yves Cochet préfère s'en amuser : " Combien de fois est-il monté à la tribune pour nous dire : "Vous êtes nuls" ? Je ne m'en souviens plus. "

Ce que visiblement la base militante n'apprécie pas, c'est qu'il tente le passage en force. Pour Alain Lipietz, les militants ne supportent plus ce qu'ils ont compris depuis longtemps : " C'est lui qui secoue le mur, mais on sait très bien que ce n'est pas lui qui reconstruira. " Yves Cochet estime " enfantine " sa haine des structures partisanes : " Il peut dire ce qu'il veut, mais il ne pesait rien politiquement, dans les années 1980, quand les Verts étaient groupusculaires. "

 

" Dany " n'esquisse aucun mea culpa et déplore au contraire leur volonté d'hégémonie, leur obsession de l'entre-soi. " Je souhaitais que Yannick Jadot, arrivé avec Europe Ecologie en 2009, soit porte-parole du parti, et soit mis au même niveau que Cécile Duflot. Mais il n'y a rien eu à faire. Le partage du pouvoir, ils n'en veulent pas. " Daniel Cohn-Bendit, rejeté par l'appareil, " place " néanmoins ses proches : André Gattolin, Leila Aïchi, Esther Benbassa, ont été élus sénateurs avec son appui.

 

C'est donc toujours la même histoire qui se répète : les salles sont pleines quand il est en campagne, et à peine le score connu, Daniel Cohn-Bendit se voit offrir, selon la cinglante expression de Dominique Voynet après les élections européennes de 1999, " un aller simple pour Francfort ". " On ne peut pas dire qu'il y ait reconnaissance du travail accompli ", ironise Jean-Luc Bennhamias.

 

Comment vit-il son statut d'homme providentiel chez les écologistes ? Il dit qu'il n'en n'est pas un, sans doute heurté par tout culte de la personnalité. Comme si une collectivité ne trouvait pas l'énergie suffisante en son sein pour se dépasser, et qu'il faille s'en remettre à un seul. Il en parle pourtant avec un mélange de bonheur et de méfiance. " Les gens qui vous arrêtent dans la rue, vous félicitent, disent que vous êtes un recours, qu'ils vont voter pour vous, c'est grisant, reconnaît-il. Je suis comme les autres, ça me fait plaisir. Ne pas avoir la nationalité française, c'est peut-être un garde-fou, une protection contre l'enflure de la vanité. "

 

Il annonce son départ du Parlement européen pour juin 2014. Fin de partie pour " Dany " ? Certains en sourient. " Quand j'en parle avec lui, il me dit toujours à quel point il trouve la politique excitante ", feint de s'étonner Yves Cochet. " Il a un tel plaisir à bousculer, à réfléchir à de nouveaux compromis, à construire et à déconstruire comme un gosse génial de 4 ans qu'il sera toujours, que je le vois mal prendre sa retraite ", doute Alain Lipietz. Cécile Duflot et les " apparatchiks " n'en n'ont pas fini avec le " Roi-Soleil ".

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