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Retrouvé dans mes brouillon, été 2008, écrit à Conques au bord de la rivière, puis tapé en brouillon d'article...

 

Août 2008, écrit sur la route des vacances, sur du papier ... comme si écrire me devenait dans certaines occasions comme ... comme je ne sais pas trop, le mot n'y est pas, mais comme important, oui, au moins important!...cette écriture "sur le vif", pour calmer le vif, pour l'extérioriser...qu'il soit heureux ou moins heureux, voir carrément mal.

J'ai découvert ce plaisirs de s'exprimer par écrit, d'agencer des idées au lycée et à la fac, faire une dissertation m'a toujours procuré beaucoup de plaisirs. Mais j'ai surtout redécouvert la chose lors d'ateliers d'écritures que j'ai suivi 2 années durant. Des ateliers particuliers car ils donnaient lieu d'une part à une petite publication d'une semaine à l'autre, et d'autre part la personne qui dirigeait ces ateliers ne se permettait pas de juger nos écrits, de nous dire, ça c'est bon, ça c'est nul, au contraire, tout était fait pour valoriser nos premiers jets et tout n' était que conseils bienveillants pour faire évoluer celà vers quelque chose de plus travaillé, mais sans aucune limite de vocabulaire ou de style...ainsi nous étions à l'aise, simplement à l'aise, et je me rends compte à quel point maintenant cette ambiance et cet état d'esprit dans le monde de la création sont rares à retrouver.

Ces ateliers m'ont donc apprit à trouver du plaisir à écrire, juste pour le plaisir d'apprendre et d'arriver à exprimer une idée, un avis, une situation, une émotion. Ils m'ont appris que tout le monde est capable d'écrire, ce qui collait parfaitement avec un caractère personnel loin de la prétention de véritables écrivains prétentieux du bulbe; caractère à contrario égalitaire, et libertaire!

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Comme nous cajolons la petite graine dans du coton humide afin d'en favoriser la bonne germination, d'une prudence et d'une attention toujours excessive, nous faisons de même en ce début de siècle avec notre progéniture. Nous la voudrions ultra protégée d'un monde où les cailloux devraient être toujours plus ronds, toujours plus doux...

Nos enfants sont des enfants du XXIeme siècle.
Nos enfants préservés; nos enfants responsabilisés à outrance dans un maximum de domaines; nos enfants méga-boostés à la performance qui les prépare à un avenir toujours certain!
Ainsi, arrivés sur leurs 15 ans, les grands enfants-rois, enrobés d'une surcharge pondérale devenue commune, sont maintenus dans cette humidité ouatée et trop étroite alors que la graine devenue tige se veut déjà en pleine floraison.

Nos enfants sont des enfants du XXIeme siècle.
S'ils veulent enfourcher un vélo tout les pousse à s'arnacher d'un casque de protection afin de prévenir des cailloux, et des blessures. Si par hasard ils sont obligés de passer leur mercredi après midi au centre aéré, c'est de discrets gilets jaunes fluos qu'ils seront fagotés afin là aussi de prévenir d'un hypothétique accident qui pourrait éventuellement survenir sur le trajet, en bus, du parking de l'école au parking du centre aéré.

Est ce bien la peine de développer ici le couplet du certificat médical obligatoire et en bon et due forme pour qu'un enfant puisse légalement bouger le petit doigt en dehors de chez lui? ou celui du père indigne et chauffard montré du doigt parce qu'il permet à ses enfants une certaine liberté de mouvement sur banquette arrière?...non.


Parce que nos enfants sont des enfants du XXIeme siècle.

Parce qu'à l'instar des moutons nous nous plions aux croyances et modes populaires, aux pseudo lois, directives et arrêtés qui en découlent, si tenté que tout cela sorte de la bouche du mouton qui bêle le plus fort.


Nous n'ignorons pourtant pas que le caractère saillant des cailloux fait que lors d'une chute ils déchirent et pénètrent notre épiderme, laissant derrière eux de magnifiques croûtes de sang et de lymphe séchées, prêtes à être dévorées par de petites dents de lait.

Alors moi, je vous le chante, je vous le gueule, vous le clame, le proclame et vous dit simplement: MERDE!
Votre vision sécuritaire des choses de la vie, votre société aseptisée, votre univers ouâté, climatisé, où les coins ne seraient plus carrés, moi, je la conchie et la brûle d'un feu de joie dans lequel j'y balance pèle-mêle vos genouillères de protection, vos plans vigi pirates, vos interdictions de plonger, de crier, de nous déplacer sans papiers, de manifester, de picoler sans modération. Je veux vivre et rester libre de décider ce qui est bon pour moi.

J'ai toute la difficulté du monde à me plier à vos règles, vos pseudo lois injustifiées, bien souvent surréalistes, comme d'évidentes réponses à ce qui pourrait se passer, plus tard, au cas où, si jamais...éludant au passage l'instant présent et tout ce qui pourrait ô malheur, ô danger, arriver là, maintenant, de façon spontanée, vrai.
Non, je ne peux me plier à ces ordres et vos conseils lancés comme des réponses à la peur et qui engendrent de façon quasi maladive des "modes de vie" que l'on voudrait communs.

A la différence de mes enfants, je suis un enfant du siècle précédent, du XXeme. Je suis un enfant qui garde ses genoux cicatrisés ouverts, puis refermés. Un grand enfant qui revendique autant de sillons blancs de peau meurtrie comme des trophées...chacun racontant un contexte, un âge, une saison, un danger. Et chacun nous faisant tous tendrement sourire malgré la douleur passée.
Je suis de ces enfants du XXeme siècle qui partait le mercredi après midi au bord d'une profonde rivière pêcher avec les copains, à toute blinde à vélo, les cheveux bien au vent.

Plus tôt encore, du haut de mes 6 ans et des poussières, j'allais avec ma soeur "chez Maurice" de la ferme voisine chercher le lait du lendemain matin qu'il traillait directement du pie de la vache au bidon maison, de ces gros doigts noircis par la récolte des noix de Correze, et de cambouis.
A notre retour nous prélevions notre gorgée de ce lait pas vraiment UHT, encore tiède de la chaleur de la bête, en riant du Maurice et frissonnant encore de la joie démesurée de son gros chien sale et grand comme un poney.
De cette même période je me souviens de la campagne du matin quand cartable à l'épaule je partais pour 2 bons kilomètres, seul, à pied, rejoindre la cours de l'école communale et mes copains du...CP! Les retours étaient toujours buissoniers, à trainer, chaparder des pommes de l'arbre ou s'arrêter chez mes copains à la ferme pour s'incruster au goûter ou simplement faire l'une des 100 000 choses qu'un gamin peut s'aventurer à faire dans une ferme...

D'une campagne à une autre, au CM1, nous nous perdions dans les coteaux d'un nouveau village, squattant les bergeries vides. Nous y goûtions en toussant tantôt une vieille goldo, tantôt une JPS ou une Peter Stuyvesan, beaucoup plus fun à l'époque et que nous avions piqué chez nos parents. Nous laissions là, dans le fossé, nos cannes à pêche, nos vélos entassés, seuls témoignages de notre présence, pas loin, quelque part, libres. La seule consigne que nous avions se résumait à un "tu rentres vite si la sirène des pompiers vient à sonner!"


A l'arrière de notre Renault 12 familiale, ma place préférée était: au milieu! Parcequ'on pouvait s'y caler debout sans les mains et qu'on se retrouvait de ce fait à la même hauteur que Papa qui conduisait, envahis de fierté par cette proximité. Et puis, certains doivent s'en souvenir aussi, c'était toujours mieux que de rester assis à se pincer le dessous des cuisses dans les jointures en plastoque rigide et craquelées par l'âge, du faux cuir de la banquette arrière. Et puis bon, de toute façon le couffin de ma petite soeur simplement posé à même le siège prenait déjà toute la place...

 

____________   _  _  _ (fin du brouillon)

petite conclusion en postant cet article aujourd'hui histoire de terminer:

 

Nous n'ignorons pas que le caractère saillant des cailloux fait que lors d'une chute ils déchirent et pénètrent notre épiderme, laissant derrière eux de magnifiques croûtes de sang ... et pourtant tous ces marmots du XXIeme siècle n'auront que trop peu la chance de goûter à leur goût salé.

 

Il suffit de regarder autour de soit, désormais, derrière chaque enfant on trouve galopant derrière, comme un toutou surveillant son maître, un ... parent !

Terminé le fait de laisser galoper un gamin, m'enfin, vous n'imaginez pas !!... il pourrait découvrir la vie en mangeant de la terre, en se pinçant les doigts, en essayant de monter cette foutue marche tout seul comme un grand et d'en être fier. Et ils sont tous là ces jeunes parents, à tout arrêter, activité, discussion, détente, juste parce que le Kévin a, ô malheur, passé le seuil de la porte qui mène au paradis du jardin !

 

Non seulement ce comportement de parents parfaits, ou du moins, de parents voulant se montrer parfaits, m'insupporte mais il ne va pas sans problème car ça démontre que face à un éventuel danger, ces nouveaux parents, comme ont dû le faire leurs parents aussi, ne graduent rien, n'expliquent rien, ne différencient rien, et mettent, irresponsables qu'ils sont, tous les dangers dans l'même sac !

Cette nouvelle génération va faire quoi quand elle va se retrouver ado, face à de réels dangers, et à l'envie toute ado de s'y confronter ?

- des drames de vie.

Des drames du comportement, des drames physiques, de déchéances, des drames de désocialisation qu'on pourra jamais récupérer, et qui feront demain la une d'un nouveau journal local ou national.

 

Il nous reste me semble t-il une liberté, pourtant menacée elle aussi (cf loi sur la fessée), indiscutable, qui est celle d'ouvrir nos enfants au monde comme nous le souhaitons, mais encore faut-il les ouvrir au monde tel qu'il est vraiment, à la vie, la vraie! La vie qui veut qu'on puisse encore faire du vélo dans son quartier en sautant les trottoirs, aller sonner chez le voisin pour jouer sans être accompagné, rentrer seul à pied de l'école à la maison, monter dans l'arbre du jardin seul comme un grand, autant d'exemples précis du quotidien au sujet desquels 90% des jeunes parents vous foudroient d'un regard accusateur à la sortie de l'école !

 

L'an dernier des voisins ont appelé les flics car mes enfants faisaient du roller dans la petite rue devant chez eux, et pour une fois j'y étais puisque je leur avait concocté un petit parcours chronométré. Les flics se sont déplacé, et après m'être engueulé avec eux en refusant d'obtempérer, ce petit nabot de bleu de la police municipale m'a expliqué avec ses "mots" à lui que j'étais un père irresponsable !

 

Pour le bien être de leurs enfants, que vivent les pères irresponsables !

 

 

 

 

Tag(s) : #BAFOUILLES, #PETITE HISTOIRE

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