De la défécation dans la défection du livre au début du XXIème siècle chez les téléphiles...t'en veux du titre de thèse de socio qui ne sert à rien (oups! un pléonasme...) ?!

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La lecture et moi, c'était essentiellement une histoire de "petit coin" (comprenez les chiottes). Et encore, lectures en diagonale de petits articles sans saveurs (comprenez journal de la ville de Cugnaux, Métro, catalogue Ikéa, Astrapi &co...), lectures d'ailleurs vivement concurrencées par des grilles de mots fléchés niveau 2 encore plus adaptées aux lieus ! Seule la poésie, saupoudrée de philosophie, ont pu dans ce contexte pas toujours très poétique, relever parfois le niveau. 

 

Des tas de bouquins se sont ainsi entassés au pied de mon lit : vieux bouquins trouvés dans les vide-grenier, et bouquins offerts...avec cette incapacité systématique à en terminer un seul. Des bouquins entamés puis délaissés dont certains à peine à la moitié, par ennui et lassitude au niveau du style, de l'histoire, du suspens, et bien sûr du temps écoulé entre les pages, suffisant pour faire perdre le fil.

Un ensemble de choses qui n'était selon moi pas assez au RDV pour me donner envie de me plonger dans le livre avec cette impatience que j'ai pu connaître à la lecture en série de certains auteurs, Stephen King, Frédéric Dard par exemple.

Bref, j'ai eu petit à petit tendance me braquer et ainsi perdre le réflexe parce que l'envie ... celle de se poser, de finir sa journée, de faire une pause, avec un bouquin. Et puis la flemme, et cette facilité à terminer la soirée devant mon petit écran même pas plat. La télé est si riche après 23h en terme d'apprentissages, docus, débats, infos ...

 


 

MAIS, il y a eu un petit changement en 2011 avec un bouquin qui m'a bien accroché, et que j'ai réussi à terminer en à peine 3 mois d'été sans perdre le fil, un bouquin d'un auteur américain capable de traiter à la sauce aigre-douce du deuil avec humour, suffisament noir comme je l'aime : PERTE ET FRACAS de Jonathan Tropper.

 

http://www.magazine-avantages.fr/data/photos/F0/7d931a11187fracas.jpg

"Ravi de vous rencontrer", je répète, incapable de les regarder en face à cause de la pitié qui dégouline de leurs yeux. S'il y a bien une chose que j'ai apprise, c'est que la pitié est comme une flatulence. On tolère la sienne, mais on ne supporte pas celle des autres.

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  Le ciel se fout de ma gueule. C’est l’un de ces ciels printaniers parfaits et militants, le genre qui en fait un peu trop, qui vous donne envie de le gifler en pleine face, bien plus bleu qu’il n’aurait le droit de l’être, ce bleu arrogant et écrasant sous entendant clairement que rester chez soi serait un crime contre l’humanité. Comme si j’avais quelque part où aller.

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J’ai perdu quelque chose…J’ignore, au juste, comment l’appeler mais il s’agit de ce mécanisme qui vous retient de dire la vérité quand les gens vous demandent comment vous vous sentez, de cette valve indispensable qui vous permet de garder vos vrais sentiments sous clé, bien à l’abri.

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…Les gens veillent sur leur chagrin avec jalousie, presque avec fierté. Ils aiment penser que personne n’a jamais souffert comme eux.

 


 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/2/7/2/9782355840272.jpgSuite à cet exploit (370 pages quand même !!!), le speed du "retour à normale" de septembre et hop ! nouveau bouquin qui perd son marque page aux trois quart cette fois, un excellent bouquin pourtant, pour le peu que je m'en souvienne, d'un certain HUGH LAURIE qui après avoir prouvé qu'il était un excellent docteur House, un brillantissime musicien/chanteur de blues, enfonçait le clou en sortant Tout est sous contrôle, un policier bourré d'humour et de finesses ... décapant à souhait ... un livre que je peux donc conseiller pour les 3 premiers quart, en attendant le film, forcément ça donnera un film !

 

Le peuple ne lit pas. Le peuple se contrefout de concevoir des choses. Tout ce qu'il veut, tout ce qu'il demande à l'Etat, c'est une augmentation de salaire. D'année en année. Sinon, il vote pour le camp opposé. Voilà ce qu'il veut, le peuple, ce qu'il a toujours voulu. C'est ça la démocratie, mon gars.

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J'ai fait mentalement le tour des amis susceptibles de m'apporter leur aide mais, comme chaque fois que je procède à un audit relationnel, je me suis rendu compte que la plupart étaient à l'étranger, ou morts, ou mariés à des filles qui ne m'aimaient pas ou, maintenant que j'y pensais, n'étaient pas réellement des amis.

 


 

Enfin, cette année, un bouquin m'a réconcilié avec la lecture. De ces bouquins que l'on corne toute les 10 pages pour penser à relire ou partager tel ou tel paragraphe, de l'ermite/auteur/aventurier SYLVAIN TESSON, Dans les forêts de Sibérie que j'ai déjà pas mal cité sur ce blog d'ailleurs.

 

http://media.paperblog.fr/i/515/5157023/forets-siberie-sylvain-tesson-L-Y6vhRg.jpegCet homme venu s'isoler au bord du Lac Baïkal durant 6 mois, assez pour prendre du recul sur le monde actuel, m'a bouleversé, entre récit d'un isolement bienfaiteur, questions existentielles sur la place des hommes au sein d'une société, d'une religion, d'une communauté et sur la place de l'homme dans la nature...et tant d'autres choses qui m'ont apaisées. Un livre libre, d'homme libre, exactement ce qu'il me fallait pour me retrouver, et commencer à me réconcilier avec la lecture, voire plus !

J'ai terminé ce très beau livre qui déborde de nature allongé sur un rocher, dans un canyon de l'Aveyron, seul face au soleil du soir, les pieds dans l'eau claire et fraîche d'une rivière même pas polluée...un livre ? Non, tout une aventure en pleine nature russe !... qui résonne encore longtemps après...

 

4 avril - Aujourd'hui, beaucoup lu, patiné trois heures dans une lumière viennoise en écoutant la Pastorale, pêché un omble et récolté un demi-litre d'appât, regardé le lac par la fenêtre à travers la fumée d'un thé noir, dormi un peu dans les rayons du soleil de 16 heures, débité un tronc de trois mètres et fendu deux jours de bois, préparé et mangé une bonne kacha et pensé que le paradis n'était pas ailleurs que dans l'enchaînement de tout cela.

 

(J'allais l'oublier mais ne sachant où le situer dans le temps de ces 2 dernières années, de Mc Carthy, La Route, très prenant, très sombre, et du qui fait mal à la fin...)

 


 

Pour terminer l'été et gérer la chaleur de ce mois d'août torride, j'ai décidé d'enchaîner avec un petit livre du genre qui "se lit en un soir" comme on entend dire parfois ... à mon échelle, un soir est un mois mais peu importe, l'effet est le même, enfin je crois. Ce premier livre, Confidences à Allah de Saphia Azzeddine est, comme je les aime, un bon coup de pied au cul de l'islam qui en a plus que jamais bien besoin en ce moment, et plus largement sur les hypocrisies des religions, d'une société, et leur capacité à faire de leurs fidèles des infidèles à leur propre liberté.

 

Brut, violent, à l'image de la vie de Jbara la narratrice, sous forme de confidences à Allah, le sien d'Allah ! Des confidences et un monologue plein d'humour, qui ne peut laisser indifférent, comme tout bon livre qui vous secoue.

Comme le précédent en Sibérie, une histoire de femme libre et debout.

"Quand le néant s'adresse à l'infini, ça sonne occupé" ... Finalement...qu'il est bon de vivre dans le haram ! (pêché)

 

 

http://www.saphiaazzeddine.com/saf/images/stories/oeuvres/confidences_a_allah.pngIls disent qu'il faut cacher ses ornements afin que l'homme n'ait pas de pensées inavouables. C'est écrit comme ça et ça n'a l'air de déranger personne. C'est lui qui a des pensées inavouables et c'est moi qui dois me cacher. Ça n'a pas de sens. De quel droit je deviendrais l'otage d'un homme qui ne sait pas se contrôler ? C'est à l'homme de s'éduquer, ce n'est pas à moi de me cacher. Et s'il ne veut pas s'éduquer, je n'ai qu'un conseil: la douche froide. Je ne vois rien d'autre pour soulager vos pensées inavouables, messieurs. Mais laissez-moi tranquille, moi et mes ornements, moi et mes cheveux, moi et ma chasteté! Si des chevilles vous font bander, il est temps d'aller consulter. Pas moi. Vous. Pour troubles avancés de la zézette. C'est une punition divine ce zizi, ma parole!

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Les fainéants, eux, ils prennent Inch'Allah à la lettre parce que ça les arrange trop de dire que c'est à Toi de décider. Que si ça merde c'est parce qu'Allah ne voulait pas que ça arrive. Que c'est la volonté d'Allah. C'est sûr que le cul vissé sur un matelas, rien n'arrive, père !

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Ma mère reprend ses prières de plus belle. Pas une seconde, elle ne se demande comment le cheveu du prophète, paix à son âme, a pu atterrir à Tafafilt, dans le trou du cul du monde. Si j'étais restée ici, est-ce que j'y aurais cru moi aussi? Probablement. ça m'effraie. Peut-être qu'aujourd'hui je fais la pute, mais au moins je me pose des questions.

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Quand le néant s'adresse à l'infini, ça sonne occupé.

 


à suivre (avec Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson) ...

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