Pas raciste la police républicaine ?

Un groupe de chercheurs indépendants a publié, le 30 juin, une étude scientifique du plus grand intérêt sur le comportement des policiers lors des contrôles d’identité. Les résultats démontrent une approche discriminatoire vis-à-vis des Arabes et des Noirs. Pour les premiers, la probabilité d’être contrôlés est sept fois plus élevée que pour les Blancs et, pour les seconds, six fois plus… Cette étude, réalisée sur l’observation du travail policier, à Paris, à la gare du Nord et dans l’échangeur du RER à la station Châtelet-les-Halles, entre octobre 2007 et mai 2008. Depuis, la situation n’a pu que s’aggraver.
Les enquêteurs ont discrètement décrypté 525 opérations de police, comparées aux 37 000 personnes passant à proximité. Exemple de commentaire, du rapport rédigé par deux chercheurs du CNRS : “L’étude a confirmé que les contrôles d’identité effectués par les policiers se fondent principalement sur l’apparence, non pas sur ce que les gens font, mais sur ce qu’ils sont, ou paraissent être”. Dans la moitié des cas relevés, les contrôles devaient déboucher sur une fouille. Les auteurs évoquant les nombreuses émeutes intervenues en France depuis l’automne 2005, ne manquent pas de signaler : “Les contrôles sont fréquemment au cœur de l’antagonisme entre les policiers et les jeunes, plus particulièrement ceux vivant dans les zones urbaines reléguées. Ces derniers se plaignent depuis longtemps d’être la cible de contrôles d’identité répétés, dépourvus de nécessité et relevant du harcèlement.” Pour terminer, les deux chercheurs ne manquaient pas de souligner que le cadre juridique “permissif” laisse aux policiers, “un large pouvoir discrétionnaire.”
Finalement, cette étude, qui ne peut que chagriner les autorités policière, ne fait que confirmer, de façon scientifique, ce que l’ on savait déjà ! (Sources, Le Monde et Libération, 1er juillet 2009)


Surtout,ne pas être “susceptible”

A l’occasion de l’étude sur le comportement policier, commentée ci-dessus, les chercheurs rappelaient les termes d’une loi liberticide permettant de donner tout pouvoir aux policiers : “Toute personne se trouvant sur le territoire national doit accepter de se prêter à un contrôle d’identité (dès lors qu’il existe) une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tente de commettre une infraction ; ou qu’elle se prépare à commettre un crime ou un délit ; ou qu’elle est susceptible de fournir des renseignements.” En fait, nous serions tous concernés mais d’autres étant bien plus “susceptibles” que d’autres aux yeux des policiers. (D’après Le Monde, 1er juillet 2009)


Argenteuil : 1 mort !

Le 9 Juin, à Argenteuil (95) deux retraités algériens, âgés de 69 et 61 ans, dont l’un est invalide à 60%, sont interpellés par des policiers. Conduits à l’hôpital pour une prise de sang, l’un d’eux perdra connaissance, tandis que l’autre devait décéder. Selon plusieurs témoignages, les deux hommes auraient été roués de coups par trois policiers. Depuis, un collectif, “Vérité et Justice pour Ali et Arezki”, exige toute la transparence sur cette affaire, et la mise en examen des policiers impliqués sur lesquels pèsent des charges accablantes. Le 24 juin, suite à une manifestation regroupant 400 personnes, une délégation avait demandé, en vain, à être reçu par le préfet. (Source, Tout est à nous !, 2 juillet 2009)


Forte pensée

“Le roman policier est un récit où le raisonnement crée l’effroi qu’il est chargé d’apaiser…” (Narcejac)


Je ne t’ai pas vu, mais je t’accuse…

Dans la nuit du 27 au 28 juin, se déroulait une sévère confrontation entre une cinquantaine de jeunes du Tremblay-en-France (93) et les forces de police. A cette occasion, un jeune homme, âgé de 23 ans, qui avait pris la fuite à la vue des policiers, était rattrapé et sera victime de “plusieurs coups de matraque”, puis de ”nombreux coups de pieds”, ainsi que de “violents coups de poing”. Jugé en comparution immédiate, le 30 juin, il sera relaxé faute de preuves car les policiers qui l’avaient poursuivi ne pouvaient pas le reconnaître. L’avocat de la victime devait déposer plainte contre X pour “violences volontaires” commises lors de l’interpellation de son client. (Source, Le Monde, 2 juillet 2009)


Il n’y a pas qu’en banlieue !

Dans la nuit du 1er au 2 juillet, sur le Champs-de-Mars à Paris, un policier intervenait avec ses collègues pour mettre fin à une rixe entre jeunes. Mal lui en a pris car il sera blessé au cuir chevelu et au nez après avoir été frappé à coups de tessons de bouteille. (Source, Métro, 3 juillet 2009)


Sarkozy, je te vois (air connu)

En février 2008, dans le hall de la gare Saint-Charles, à Marseille, un policier zélé interpellait un “individu” qui s’était permis de lui lancer, “Sarkozy, je te vois !”, alors qu’il venait d’assister à un contrôle d’identité musclé. Jugé devant le tribunal de police de Marseille, pour cette insolence, le 19 mai 2009, ce professeur de philosophie est poursuivi pour “vociférations” par un perturbateur dont le propos a un “caractère offensant”. Au cours du procès, le ministère public, qui se voulait indulgent, ne requérait qu’une amende de 100 euros contre l’imprécateur. Depuis, Nicolas Sarkozy devait estimer que ces poursuites étaient “ridicules”. Finalement, le 3 Juillet, le tribunal de police de Marseille estimait que le “tapage injurieux diurne, troublant la tranquillité d’autrui”, n’était pas constitué -et le “délinquant” était relaxé. Peut-être en ira-t-il de même pour ceux qui se risqueraient à clamer “casse-toi, pauv’con !” Pour le professeur de philosophie, qui avait convaincu les policiers qu’il était au RMI, son intervention n’était rien de plus qu’un “geste d’humour destiné à détendre l’atmosphère. ” (D’après Libération, 4 juillet et Le Monde, 6 juillet 2009)


Petit cochon !

Un policier, qui avait installé une caméra miniature dans les vestiaires du commissariat de Massy (91), afin de filmer ses collègues féminines, était suspendu par sa hiérarchie le 17 juin. Il n’en reste pas moins que ce policier voyeur ne semble pas être l’objet de poursuites pénales, bien que les investigations se poursuivent… afin que soient effectuées des vérifications sur le matériel informatique mis en œuvre par ce défenseur de l’ordre public un peu spécial. (Vosges-Matin, 18 juin 2009)


Pochtrons pyromanes

Trois policiers du commissariat de Reims devaient passer devant le tribunal correctionnel. Présentés devant le parquet, dans le cadre d’une procédure de comparution volontaire, les trois hommes, dont un gardien de la paix, un brigadier chef et un agent de sécurité étaient poursuivis pour incendie volontaire d’une caravane, alors qu’ils étaient en état d’ivresse. Circonstance aggravante, le brigadier-chef avait refusé de se soumettre à un contrôle d’alcoolémie. Les deux autres avaient un taux d’alcoolémie situé entre deux et trois grammes d’alcool dans le sang. Il n’en reste pas moins que tous trois ont été suspendus de leurs fonctions et placés sous contrôle judiciaire. Deux d’entre eux risquent jusqu’ à cinq ans de prison. (Source, Vosges-Matin, 5 Juillet 2009)


Récession policière

Par un communiqué du ministère de l’Intérieur, daté du 6 juillet, il était possible d’apprendre que les épreuves de recrutement de gardiens de la paix, prévues pour le 30 septembre, étaient reportées à “une date ultérieure non connue à ce jour”. Avec cette précision : ”Aucun recrutement de gardiens de la paix n’est actuellement programmé”. Il semblerait donc que la RGPP (Révision générale des politiques publiques) frapperait également la police et, en priorité, les adjoints de sécurité et ces “Cadets de la République” imaginés en 2004 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Les syndicats de policiers, et particulièrement Unité Police (majoritaire chez les policiers en tenue), sont chagrinés. De même, les formateurs de la préfecture de Paris qui regrettent de voir frappés les “plus fragiles”. Interrogé, un jeune adjoint de sécurité se lamentait : “…On apprend le Code de déontologie de la police, le Code de procédure pénale, par le concours, et puis on se retrouve bêtement anéanti. Ce n’est pas comme faire une formation de mécanicien. En fin de contrat on ne pourra pas aller voir la concurrence…” Pourquoi pas, si l’on se souvient que le président de la République avait souhaité, il y a quelques mois, que les sociétés privés de sécurité procèdent à un vaste programme de recrutement. (D’après Le Monde, 8 juillet 2009)


Assassin en uniforme

Dans la soirée du 5 juillet, sur une autoroute, près de Clermont l’Hérault, une voiture garée sur une bande d’arrêt d’urgence prend feu. La passagère, une femme, brigadière de police, ne parvient pas à se dégager. Les secours vont la retrouver calcinée. Il se trouve, malgré tout, que sa portière était bloquée. Aux gendarmes qui enquêtent, son mari, brigadier-chef au commissariat de Montpellier, explique qu’il accompagnait son épouse aux urgences, suite à un malaise. L’autopsie va démentir ce scénario car les examens sont catégoriques : la policière est décédée avant l’incendie ; elle n’a donc pas été asphyxiée avant d’être carbonisée. En fait, la jeune femme est décédée d’un œdème pulmonaire, après une forte absorption de médicaments. Placé en garde-à-vue, le 7 juillet, le policier maintient sa première déposition, avant de l’abandonner, car les enquêteurs du SRPJ devaient découvrir des traces d’essence dans le véhicule incendié. Ensuite, ce brave défenseur de l’ordre public devait avouer qu’il avait organisé lui même cette macabre mise en scène, pour camoufler le suicide de sa femme, suite à une violente dispute à son domicile. Il se trouve, pourtant que les légistes devaient relever des ecchymoses et des traces de coups sur la tête de son épouse. Par ailleurs, le policier avait affirmé aux enquêteurs que celle-ci s’était pendue, mais rien dans les constatations des légistes ne peut permettre de conforter cette thèse. Soyons rassurés, il reste malgré tout des humanistes dans la police. (D’après Aujourd’hui, 9 juillet 2009)


Curieuse pendaison

Au cours des soirées des 6,7 et 8 juillet, à Firminy (Loire), de violents heurts devaient opposer la police et les jeunes d’un quartier populaire. Un de leurs camarades, âgé de 21 ans, venait de tenter de se suicider dans sa cellule de garde-à-vue, au commissariat du Chambon-Feugerolle. C’est apprenant qu’il était dans le coma que ses amis s’étaient révoltés. Au cours des affrontements, après des incendies de voitures et de commerces, neuf jeunes majeurs étaient interpellés. Le 8 juillet, on apprenait que le jeune homme était décédé à l’hôpital. De source policière, l’information était distillée que Mobamed s’était pendu avec des lanières découpées de son matelas. Explication approximative si l’on sait que les gardés à vue se trouvent sous une étroite surveillance policière, et qu’il aurait été nécessaire d’un long moment pour découper le matelas, accrocher les lanières, se pendre et décéder. La bavure n’est donc pas impossible. Les deux autopsies ont écarté toute violence policière. Toujours est-il qu’après l’ouverture d’une information pour homicide involontaire, l’IGS enquêre, tandis que la famille annonçait un dépôt de plainte. (D’après France Inter et France Info, 8, 9 et 10 juillet 2009)


Tristesse pandore

Le directeur général de la police nationale a présenté, le 10 juillet, aux syndicats de police, un vaste projet de “police d’agglomération” concernant les villes de Lille, Lyon et Marseille, où la police sera “maître d’œuvre”. Selon les syndicats de policier, ces villes, actuellement sous le contrôle de la gendarmerie passeraient sous celui de la police. Ce qui ne manque pas d’inquiéter les élus locaux. (Source, Libération, 11 juillet 2009)


Barrage pandore : 1 mort !

Dans la soirée du 10 juillet, à Saint-Pierre-de-Vauvray, près de Louviers (Eure), une équipe de gendarmes avaient mis en place un barrage pour contrôler des jeunes circulant sur des mini-motos.
Comme bien souvent, en de telles circonstances, cela se termine très mal, et un garçon, âgé de 18 ans, devait mourir après avoir heurté une palissade en béton. Selon l’un de ses amis, le jeune homme aurait été poussé par un gendarme, ce qui devait provoquer l’issue tragique. Tout naturellement, la préfecture appelait en renfort 80 gendarmes pour réagir aux manifestations qui allaient se dérouler dans Louviers. Pour la gendarmerie, il s’agit simplement d’un accident. (Source, France 2, 13 juillet 2009)


Petit escroc galonné


Le 1er juillet, un capitaine de police, en poste à Laon (Aisne), sortait, menottes aux poignets du palais de justice. En fait, ce policier, patron de la brigade de sûreté urbaine de Laon, venait d’être placé en détention provisoire, après avoir été mis en examen par un juge d’instruction pour : »recel habituel et blanchiment habituel de fonds qui proviendraient d’abus de bien sociaux et banqueroute. » Ces fonds détournés par ses soins qui allaient transiter sur son compte bancaire. Pour compléter le tableau, cet honnête fonctionnaire était également mis en examen pour « corruption passive ». Ce qui signifie en clair que ce policier se faisait gentiment arroser.
Au commissariat de Laon, on reproche désormais à ce galonné à la carrière exemplaire (il avait été médaillé, le 7 mai 2009, pour ses hauts faits) d’avoir encaissé sur son comte, depuis 2006, de multiples chèque provenant d’entreprises du bâtiment pour une somme avoisinant les 150 000 euros. Il est vrai que cet excellent défenseur de l’ordre public ne rechignait pas à reverser une partie de ces sommes à la tierce personne qui lui avait procuré ce filon. Ce capitaine, sans peur et sans vergogne pourrait encourir plusieurs années de prison ferme. (Source, L’Union de Reims, 2 juillet 2009)

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