Juliette Pousson - L'Express - dimanche 28 mai 2017

Depuis l'université américaine de Harvard, où il a reçu son diplôme ce jeudi, le fondateur de Facebook a prononcé un discours très politique.

"Il y a quelque qui cloche dans notre système", a déclaré Mark Zuckerberg, lors d'une allocution depuis la prestigieuse université de Harvard, ce jeudi. "Je peux partir d'ici et gagner des milliards de dollars en dix ans, pendant que des millions d'étudiants ne peuvent même pas rembourser leurs prêts", a-t-il déploré. Dans son discours d'adieux aux diplômés, le fondateur de Facebook s'est concentré sur sa vision politique des États-Unis, souligne Le Monde.

Le milliardaire de 33 ans est retourné jeudi 25 mai à Harvard -où il avait lancé ce qui allait devenir son réseau social- pour recevoir son diplôme, à titre honorifique, de docteur en droit. Sa visite a été accompagnée de plusieurs photos nostalgiques sur Facebook, notamment lorsqu'il a remis les pieds dans ce qui fut sa chambre universitaire, ou encore lorsqu'il a posé avec ses parents. "Maman, je t'avais toujours dit que je reviendrai et que j'aurai mon diplôme", a-t-il écrit en commentaire.


"Beaucoup de gens se sentent déconnectés"


"Nous devrions avoir une société qui mesure le progrès pas seulement grâce à des indicateurs économiques, comme le PIB, mais aussi par la façon dont chacun trouve un rôle qui a du sens", a avancé Mark Zuckerberg, qui a profité de son discours d'une demi-heure pour aborder les questions sociales, environnementales et fiscales, relève Numerama.
"Quand nos parents ont reçu leur diplôme, leur but dans la vie venait, de manière simple, de leur travail, de leur église, de leur communauté. Mais, aujourd'hui, la technologie et l'automatisation détruisent de nombreux emplois. Le nombre de membres diminue dans toutes les communautés. Beaucoup de gens se sentent déconnectés et déprimés et tentent de remplir un vide. [...] J'ai rencontré des ouvriers qui savent que leurs emplois n'existeront plus et qui cherchent à trouver leur place", a constaté le patron de Facebook.


La nouvelle génération doit donc "définir de grands travaux", a estimé Mark Zuckerberg, citant, entre autres, la lutte contre le changement climatique et la recherche médicale. "C'est au tour de notre génération de construire de grandes choses", a-t-il assuré, rappelant qu'il était du même âge que la plupart des jeunes qui sortent de l'université.


"Il est temps de définir un nouveau contrat social"


L'un des plus grands défis auxquels la nouvelle génération se heurtera, selon lui, est "le niveau d'inégalité des richesses". "Toutes les générations ont défendu leur définition de l'égalité". Il est temps, a déclaré le patron de Facebook dans une allusion à Jean-Jacques Rousseau, "de définir un nouveau contrat social".
Et pour rendre la société moins inégalitaire, le jeune entrepreneur a une proposition: "Nous devrions explorer des idées comme le revenu universel de base pour s'assurer que tout le monde a une assise pour essayer de nouvelles idées", a-t-il suggéré. De quoi satisfaire Benoît Hamon, candidat malheureux à l'élection présidentielle, qui s'est réjoui du discours de Zuckerberg sur Twitter. Lors de sa campagne, le socialiste avait fait du revenu universel son cheval de bataille.

Ce n'est pas la première fois que le jeune milliardaire s'engage sur le terrain politique. Depuis le mois de janvier, Mark Zuckerberg s'est lancé dans un tour des États-Unis, rappelle Le Monde. Son objectif: "Avoir visité chaque État des États-Unis et y avoir rencontré des gens, d'ici la fin de l'année". Près d'un mois après l'investiture de Donald Trump à la présidence des États-Unis, le milliardaire de 33 ans avait publié sur son profil Facebook personnel un long manifeste anti-isolationnisme et pro-mondialisation, rapporte également Franceinfo.

Tag(s) : #DES MOTS ET DES AUTRES, #revenu de base, #revenu universel

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