Comme souvent quand je viens me perdre dans la foret des Landes ou aux creux des dunes sauvages; quand je serpente le long de la laisse de mer ou comme ici le long du courant d'Huchet, mes fantômes se joignent à mes pas et accompagnent mes pensées. Certes, le vent d'avril n'est pas très chaud malgré un soleil qui fait son maximum, mais ce n'est pas toujours lui qui me fait frissonner et noyer mes yeux dans le sel. Les souvenirs sont tenaces, les frissons  noueux, et les cicatrices grattent...

Les souvenirs...

De ces derniers instants de jeune homme encore imberbe avec son père en juillet 1985, ici même sur les eaux saumâtres du courant. Je me souviens à quel point cette rivière quasi-amazonienne que l'on parcours avec les bateliers l'avait émerveillé. Je me souviens de son grand rire qui résonnait dans les marais. A 13 ans moi j'étais surtout occupé à baisser les yeux et regarder mes chaussures, en l'occurrence mes espadrilles. Mes parents étaient très "campagnes"...il y a eu les vacances "maisons familiales communautaires" que je détestais par dessus tout, puis les gîtes qui sentaient le cloitre, dans des trous du cul du monde où les minots s'ennuient. "Se mettre au vert" ça parle aux vieux, mais les gosses eux ne pensent qu'aux vagues et aux chateaux de sable fin, pas aux randos !

En 1985, enfin, ils ont passé le cap des vacances à l'Océan. Ce fût comme un rêve inaccessible qui se réalisait, 15 jours de ces plages qui nous étaient interdites. Nous n'avions soit disant pas les moyens, et puis "tout ce m'as-tu-vu, pfff"...mes parents préféraient tout simplement et un peu trop égoïstement, le calme des montagnes au tohu-bohu surchauffé et dégoulinant de Monoï des plages. Mais il y a tant à faire dans les Landes en dehors de se "planter le cul dans le sable" comme disait ma mère... je me souviens avoir dégusté ces instants de découvertes du courant d'Huchet, ces moments exaltés des démonstrations de pala et de chistera à l'ombre des frontons de villages. L'espoir renaissait dans mes yeux de petit con ! Mes parents s'initiaient aux plaisirs des embruns. Nous partions  enfin là où bronzaient la majorité de mes copains et il y avait même une piscine ! On était enfin comme les autres ! Bien évidemment nous n'allions pas planter notre cul dans le sable quotidiennement mais peu importe, je voyais bien qu'ils ne s'y sentaient pas si mal dans ces Landes là, et qu'ils se rendaient compte aussi que "les gosses" étaient 10 fois plus heureux ainsi. Pour moi c'était de l'or en barre car cela éveillait l'espoir qu'un jour nous pourrions bien y...revenir !

Mon père est mort bronzé de ces instants là et un orphelin est né, ce même été, quelques jours plus tard. Ses 40 balais ont terminé dans un fossé dans lequel ma mère retrouvera sa paire de lunettes, 2 jours plus tard...

 

C'est à l'embouchure de ce même courant d'Huchet que je vivrai mes dernières vacances avec ma mère un peu plus de 10 ans plus tard, avant qu'elle ne parte à son tour. Ces souvenirs là sont faits de famille à la dérive, de mort annoncée, d'instants d'aurevoirs planqués en nous, de faces voilées et de rires forcés. Mon regard fuyait de peurs, aussi vite que les courants mortels des baïnes qui vous perdent au large.

Maman perdait les mots et l'équilibre, jour après jour, et à chaque phrase avortée des noeuds d'angoisse me serraient la bidoche. Incapable de faire face à ça, comme un homme que j'aurai dû être et que je n'étais pas, seule l'idée de rentrer m'animait ! ... des derniers moments, comme si rien n'était, affichés comme ces riens d'été, et cette sensation de lâcheté que les courants n'ont jamais emporté. Ces derniers silences qu'on s'appliquait à éviter ne me laissent aujourd'hui en bouche que des arrières goûts de remords ensablés.

Le Courant d’Huchet, véritable cordon ombilical entre l’étang de Léon et l’océan Atlantique constitue un site riche en histoire, en traditions et également en habitats pour la faune et la flore. Les multiples faciès représentés dans cette réserve naturelle vont du cordon dunaire à la forêt des Landes, en passant pour les marais, les tourbières, l’Étang de Léon, le Courant d’Huchet,...
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Tag(s) : #PETITE HISTOIRE, #courant d'huchet, #embouchure courant huchet, #moliets

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