2 albums, 2 caps...

Ô ces artistes, compositeurs, auteurs, interprètes qui ont cette rare capacité de savoir inventer et créer univers si singulier. Ils vous emmènent avec eux le temps d'un album, ailleurs, chaque chanson comme une étape du voyage.

Il y a des albums, des chansons, comparables  ces instants dans les vents salins qui fouettent les joues et battent les falaises. Ces instants d' embruns qui couchent les hautes herbes. Quand les yeux dans le vide de l'océan et le trop plein du ciel, vous êtes simplement là, fragile et si fort à la fois, à l'instar des Immortelles des dunes, au bout de ce cap, entouré de souffles et de bruyères.

De ces instants où la vie n'est que poésie, libre, aux larmes...

Deux caps, deux albums qui restent pour moi et de loin les deux albums qui auront marqué cette année 2015...Entre le "Cap farvel" de Dominique A et le "cap waller" de Bertrand Belin. Deux caps, deux albums, deux perles de poésie tellement touchante. Les violons du Cap farvel, la guitare électrique unique et dépouillée du Cap Waller...on se baigne en frissonnant tout entier de houle dans ces deux albums à part.

C'est une voie semée d'embûches. ..c'est une terre gelée que je bêche...

Chez Belin, musiques et paroles minimalistes trouvent leur véritable dimensions dans des répétitions enivrantes, ou comment aller à l'essentiel, au rêve, avec 2 riffs de guitares et quelques mots contenus, dont le mystère et même le sens semblent prendre une nouvelle dimension en passant par sa bouche. Cet album me fait un tel effet que je n'en ai pas encore trouvé tous les mots. Je sais juste que depuis que je l'ai découvert je n'ai jamais eu autant envie de me mettre à l'écriture de chansons et me remettre à la musique.

Seulement le beau geste...seulement le mot juste...

Ne croyez pas que le fond est pas totalement abandonné à la forme, même si on pourrait croire que je joue avec des losanges et des carrés. Je ne prends pas mes mots au hasard. Les textes sont au centre de mes préoccupations.Quand j’écoute Dylan ou McCartney, je n’en saisis pas toujours le sens, explique le chanteur. Mais quelques mots se distinguent, m’accrochent et avec eux, je me construis ce que je pense être la chanson.»

 

Dominique A fête ses 20 ans de chanson avec un album que j'admire, rien à jeter, et que je peux, comme B. Belin, écouter de boucle en boucle. Dominique A, le pont entre rock et chanson est ici beaucoup plus "classique" et c'est justement ce qui m'a scotché à cet album depuis sa sortie, Eleor, qui s'ouvre dans les brumes et les violons du Cap Farvel. Dominique A comme A contre sens, surprenant, et c'est ici tout son charme et tout à son avantage. Poésie minimaliste, le mot juste, à l'images de Central Otago...et cet Océan qui m'emmène à chaque nouvelle écoute un peu plus loin dans l'écume. Et puis la voix, qui ne bouge pas. Dominique A bientôt papi de la chanson française, et ça lui va si bien !

Merci pour ces ces caps et ces mots, pour ces notes et ce souffle. Parce qu'il y a des albums qui vous accompagnent à tout âges de la vie, qui vous soulagent, qui font du bien, et qui restent en vous. Parce que bientôt le Cap...

Spécial dédicace à ma cousine Laure, de cap en cap.

Tag(s) : #CHRONIQUES MUSICALES

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