Violent. Un livre violent et captivant, sur la quête de liberté d'une femme dans l'enfer et la cruauté des hommes, sur le combat pour retrouver sa dignité perdue, et toujours contestée.

Voici un livre qu'on m'a prêté, conseillé, accompagné d'un petit mot très prévenant A lire avec précautions... car oui, ce roman historique est dur et parfois bien noir. Du coup le livre a prit très injustement la poussière au pied de mon lit...

Au Delà du silence s'est avéré finalement libérateur, il dégueule même de liberté ! De toute part ! Jusque dans la souffrance. Liberté et souffrance intimement liées dans l'histoire captivante d'Hanna X en ce début de XXème siècle, comme dans les paysages désertiques et sans fin de cette colonie africaine bouillante. Il respire la révolte et la vengeance dans un processus libérateur de toute une vie, remontant à l'enfance brimée par les curés et la bourgeoisie d'une Allemagne rigide et glaciale...révolte et vengeance devenue nécessaires vertus !

 

Cependant, la souffrance peut devenir réconfort, rassurer sur le compte de la vie."

 

Du style et pour moi un grand roman qui vous marque au fer rouge ! Pour la petite histoire j'ai découvert juste après cette lecture que l'auteur André Brink, figure de la lutte anti-appartheid (Une saison blanche et sèche) était mort alors même que je parcourrai ses chapitres...

La dignité de la femme dans le dictat cruel de l'homme qui soumet, aussi fermement qu'il est lui même faible...c'est tellement d'actualité. Pensez donc qu'en 2015 on se bat encore ici pour que la femme ai juste le droit de conduire, là pour qu'elle puisse juste disposer de son corps comme elle le souhaite sur une plage...imaginez qu'on les marient encore de force ici, qu'on les enferme et qu'on justifie même le fait de les battre, les violer, et voiler leur beauté là...Trop peu de gens comprennent et soutiennent le combat de fond et le courage des Femmen dans le monde. La femme libre, libérée, belle de toute part fait peur...reléguée à un simple rôle de faire-valoir il y a peu encore lors des élections départementale où l'égalité imposée en binômes politiques ne s'est limité qu'aux sourires sur les affiches sans aller jusqu'aux responsabilités réelles.

 

Tremblons misérables couillus !

 

Et si la vengeance nous était d'un seul coup terrible ? Tremblons messieurs ! Si sur le modèle tellement machiste et violent imposé depuis des siècles les femmes se mettaient non plus à exiger l'égalité mais une véritable société émasculée...? Tremblons misérables couillus, tremblons ! Car ce ne serait que justice !

C'est en passant devant la glace monumentale et piquetée du deuxième palier qu'elle surprend son reflet. Elle va chercher une bougie dans sa chambre, revient scruter son image, pour la première fois depuis trois ans, sept mois et treize jours. Scruter son visage ! Puis son corps, de la tête aux pieds.Tout ce que les autres voient et qu'elle doit désormais oser regarder. Ce qui est arrivé l'a enfin libérée : elle peut se regarder en face.

Le paysage dans lequel ils se meuvent désormais, elle et sa bande de dépossédés, son humble armée, ce paysage est au-delà ou en deçà des mots. Le sens est autre ici. Il réside. dans le sable et dans les pierres, dans les événements, infimes ou immenses, du désert : une tortue qui avance péniblement, le glissement vif d’un reptile, un tourbillon à l’horizon, un faucon ou un vautour au-dessus de leurs têtes, un imperceptible changement de lumière, un simple tressautement aux effets innombrables, aux conséquences imprévisibles.
La souffrance, oh oui... Par-dessus tout, la souffrance de tout ce qui a été rejeté ou perdu en chemin, de tout ce qui ne peut plus être, comme des enfants qui resteraient à jamais dans les limbes. Cependant, la souffrance peut devenir réconfort, rassurer sur le compte de la vie.

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