[retrouvé dans mes brouillons ce jour]

Le 28 juillet, Fouras, en observant mes congénères estivaux, j'ai eu envie d'écrire.

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Petite étape 3 étoiles bien méritée après quelques jours de vadrouille sauvage aux pieds des dunes.

10 heures. Réveil ensoleillé, précipité par le pédiluve de la piscine encore glacé de nuit. Réveil chloré. Preums à la pistoche ! Chaises longues en libre service et vue sur l'île d'Aix, la baie, la marée montante et accessoirement, planqué derrière mes lunettes noires, sans façon aucune, vue sur quelques fesses halées du mois de juillet, rondes comme des ballons de foot brésiliens tout neufs.

Quelques tatouages de très mauvais goût - mais toujours bien placés - prennent diaboliquement vie. Les surcharges pondérales pigmentées "flambyllent" sur des bijoux de chevilles et de  nombrils qui brillent au sortir du bain dont l'eau révèle quelques mystérieuses transparences attisant mon esprit voyeur. Tétons au garde à vous, faussement discrets...divine apesanteur de lourdes poitrines éphémères, fruits mûrs et lourds d'un été à croquer. Les cheveux relevés à la va-vite, attachés maladroitement, révèlent quelques nuques cambrées, suspendues, aériennes. Il n'existe pas de nom pour cette partie anatomique pourtant si délicieuse, où flottent chez les femmes ces quelques cheveux d'anges, là, juste derrière l'oreille. La science ne connait pas d'émoi...

 

Pédiluve de camping***

C'est ainsi qu'à 10h30, venue de loin, résonne subitement en moi cette consigne poussiéreuse qui a fait mon enfance de ne toucher qu'avec les yeux. Résonne la raison. Dans un instant de rébellion toute enfantine, je m'imagine papillonner de mes cils quelques dernières courbes luisantes de monoï sans paraben, toucher avec les yeux, mais ! Résonne la raison. La bienséance me remet illico en place, on ne touche qu'avec les yeux ! Yeux que je baisse, honteusement coupable, évidemment. Ivre de féminité.

11 heures. Des touristes de toute nationalité rejouent le dernier championnat d'Europe dans le City-stade d'à côté. Le tournoi (officiel !) débute bruyamment et me sort de ma lecture. La marée est haute et le coup de soleil n'est pas loin. Je plonge puis je m'éclipse par le même pédiluve du matin mais bouillonnant déjà de bactéries locales balnéaires...

21 heures. Les vieux sentent la frite, les enfants pèguent de Mister-Freeze-goût-tropical, les pisseuses brillent en fluo et rient trop fort, les femmes de la pistoche sentent bon le lait hydratant sans paraben et la douche. Les regards, les rires et les coups de soleil se mélangent quant, tout d'un coup, au top de l'animateur de la soirée karaoké, tous lèvent les bras, d'un seul corps !!! Chaque tube de l'été est accompagné d'une danse bien spécifique visiblement connue de tous, mais qui m'échappe complètement. Je me sens largué, étranger, éblouis par un monde jusque là inconnu. L'été dans les campings le Français se détend donc ainsi, le Français s'amuse. Tu manques de simplicité, tu ne sais pas t'amuser, hautain, prétentieux, tu te la pète dans le genre intello, tu n'es qu'un misérable associal, misanthrope irrécupérable...tout y passe dans ma tête mais ...non ! décidément non !! Takata-zumba-zouka à la brésilienne me font royalement chier et le spectacle auquel j'assiste, même en musique, même bronzé, agrémenté de ballons de foot et de fruits mûrs, j'ai beau le prendre par n’importe quel bout, me culpabiliser et m’auto-flageller, ça ne passe pas, ça fait meuh ! Les troupeaux de l'été en transhumance sur les côtes qui défoncent leurs économies d'une année de labeur pour avoir le bonheur de squatter des bungalows en rang d'oignon en bordure de nationale, ça m'attriste, c'est comme une chatouille qui ne fait pas rire...

Malgré les mines déçues des enfants, malgré les bords de piscine libidineux et libidoïdes, 2 nuits et basta ! Le spectacle de l'été dans les campings français, quand tu goûtes aux nuits calmes d'un parking de plage reculée ou de petit port discret, à l'ombre des pins et des dunes sauvages...Quand tu vas fumer ton dernier clope en pissant ta bière dans le sable, à découvert,  face aux vagues éclairées par la pleine lune, seul au monde, ben la file d'attente aux pissotières entre 2 hollandais couleurs homard et les poils sous la douche même pas à toi et amalgamés  par je ne sais quel fluide corporel tout aussi étranger, on oublie !

Pédiluve de camping***
Pédiluve de camping***
Pédiluve de camping***
Pédiluve de camping***
Tag(s) : #PETITE HISTOIRE

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