Camille Lepage, 26 ans, un œil que je n'aurai certainement pas découvert et partagé ici si sa mort n'était pas venu illustrer de façon très macabre les gros titres de nos infos quotidiennes. Des pays et des guerres si loin de nous et de ce si confortable quotidien, mais pourtant à quelques heures d'avion. Notre confortable quotidien, si loin d'un autre qu'elle avait choisi de couvrir et de figer dans le temps et l'histoire des hommes. Ses œils rapprochent pour un instant les hommes et les continents, même si la cruelle marche du monde veut que l'hémisphère Nord ait du mal à considérer que l'histoire de l'hémisphère Sud puisse elle aussi s'écrire avec un grand H. Camille, une photographe témoin parmis tant d'autres, une messagère.

On connait le refrain, Le morts sont tous des braves types...

Non. Elle avait simplement tout quitté ici pour poser son œil là-bas, elle avait fait un choix, par passion, et faire des choix, guidés par la passion est d'une liberté qui me touche, toujours.

Son œil m'interpelle et me foudroie sur place sur pas mal de points purement photographiques, mais aussi sur les thèmes choisis, avec cette capacité de voir la vie au beau milieu du chaos : série sur la beauté des femmes dans un Soudan en guerre (We call it fashion), un oeil si touchant sur la naissance au coeur d'un camp de réfugiés (Giving birth...).

Et sa dernière série en République Centrafricaine

 

L'oeil de Camille
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