Ma dernière lecture, COMME DIEU LE VEUT DE NICCOLO AMMANITI.

En quelques mots, un bon bouquin, avec une deuxième partie plus prenante que la première, qui s’accélère, jusqu'au point de ne plus lâcher le bouquin...

Pour moi c'est une grande première car c'est la première fois que j' éprouve de la tendresse pour un nazi avéré, Rino. Un bouquin plein de crasse à l'italienne, de 4 "déchets de la société", de 4 malheurs, accros à une amitié aussi sincère qu' alcoolisée.

Et puis cette belle relation entre Rino et son fils, inséparables, construite sur l'abandon par la mère, la misère, la violence du quotidien, entre duvet de l'armée et restes de boites de pizzas...

A l'image de leurs vies, dans l'orage, dans la nuit, l'aventure s'accélère pour ces 4 là...entre assassinat, braquage, folie et assistant social amoureux...on rit tout noir mais on rit parfois ! :)

 

Et comme à mon habitude, je cornète les pages où un paragraphe, une phrase, quelques mots, me parlent et me secouent ...comme ces quelques passages parmi les 530 pages :

 

p.25 "C'est dans mon caractère. Si tu me fais une saloperie, c'est terminé avec moi pour toujours et je t'aurai toujours dans le collimateur. J'ai peut être un caractère de merde, mais c'est celui que j'avais quand je suis venu au monde. C'est très facile d'avoir des relations avec moi, suffit de pas me faire chier, et tout roule". Ainsi parlait Rino à toute personne qui lui faisait remarquer, avec une extreme délicatesse, qu'il était un brin susceptible.

 

p.511 "Tu as ton père qui végète sur un lit d'hopital. Danilo, à cause de l'alcool, est mort écrabouillé contre un mur. Tu devrais comprendre ce que souffrir veut dire et être compassionnel. Tu sais ce que c'est, la compassion ? A t'entendre on a vraiment pas l'impression que tu le saches. Tu hais tous le monde. Tu es plein de rage à en exploser. Cristiano, tu as un coeur ?

- Non je l'ai perdu..." réussit-il seulement à dire.

 

 

p.437 Pendant un temps, Quattro Formaggi avait travaillé chez un marchand de poissons. Il nettoyait les poissons et faisait les livraisons à domicile. Chaque jour, ils déchargeaient des cagettes en polystyrène pleines de grosses palourdes. Elles arrivaient vivantes, on les mettait dans une bassine et au bout de 10 minutes, elles sortaient un long tuyau blanc avec lequel elles aspiraient l'eau et l'oxygène. Mais il suffisait d'approcher la pointe d'un couteau de leur coquille pour les faire réagir et se refermer pour une heure au moins. Mais après, quand elles se rouvraient, si vous les touchiez à nouveau, elles ne restaient fermées qu'une demi heure. Et à force de les titiller, elles s'habituaient et ne se refermaient plus.

A ce moment là, elles étaient foutues. Vous glissiez dedans la pointe du couteau et les palourdes, idiotes, se refermaient d'un coup avec toute la lame dedans. Alors vous tourniez la lame et la coquille se brisait et dans l'eau jaillissait un nuage marron de chair et d'excréments.

A quoi sert la coquille si on vous habitue à ne pas vous en servir ? Il vaut mieux ne pas en avoir, rester nu, si elle ne sert qu'au couteau pour vous tuer.

p.415 Il écouta le halètement désordonné de sa respiration. L'univers se réduisit à une série de pensées décousues sur lesquelles s'abattit la douleur qui l'accompagnerait, comme un chien fidèle, pour le restant de ses jours.

 

 

 

COMME DIEU LE VEUT...
Tag(s) : #DES MOTS ET DES AUTRES

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