Vendredi 4 juillet 2008
Et puis y'a des insomnies productives...
De temps en temps la soif me reveille, puis la gamberge lui succede, alors je me lève, comme ce matin, à 5h...tout est calme, les oiseaux se reveillent les premiers, le jour pointe son nez, les poubelles et le café passent...et c'est souvent à ce moment là que je suis le plus productif, car le plus tranquille, zen...
Ainsi ce matin j'ai décidé de me faire plaisirs, de faire un petit photomontage rien que pour moi, pour mon plaisirs, et celui de NINA, ma pin-up à moi!...un photo montage inspiré des excellents visuels de Kumpania Beats, des travaux de Jif, eux même inspirés de, etc, etc...je suis content d'y être arrivé, et envisage déjà la version 2 de Nina, en plus gore, à suivre...

cliquer sur Nina pour la voir en grand...


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Vendredi 4 juillet 2008
J'ai toujours du mal à me coucher le soir...alors je bosse parfois la nuit, enfin, le soir, tard...

C'est ainsi que j'ai pû assister au direct de la libération de la Bétancourt!...le pestacle du Sarko qui en sauveur de l'humanité humaine de la planète des hommes qui se lèvent tôt pour sauvegarder la liberté de la nation et de ses ressortissants. Un nouveau direct où il nous a fait son petit numéro de com', le tout alterné de ses petits tics de plus en plus prononcés qui laissent planer le doute entre hyperactivité et /ou addiction à la coke...

Et puis la sortie de la Bétancour de l'avion, sa leughorée verbale post-traumatique alternée de prières, et glorifiant l'armée colombienne, toujours en direct...tout juste si elle annonçait pas dans la foulée qu'elle se présentait à nouveau aux prochaines élections présidentielles!...elle pourrait ainsi prendre à nouveau les mêmes risques inconsidérés pour traversser coûte que coûte une zone reculée colombienne, tenue par les révolutionnaires, connue comme étant le théâtre d'enlèvements!

Et ça va continuer,
on va en bouffer pendant une semaine,
histoire d'emmener le troupeau sur la côte méditerranéenne dans une ouate euphorisante baignée dans l'huile de monoï qui chlingue le coco, le beignet au sable fin qui craque sous la dent, et l'étallage de poitrines, de cuisses, de bidoche bronzées innaccessibles!

Pendant ce temps, les otages de la république crèvent toujours de chaud dans les geôles de Brice Hortefeux en attendant leur expulsion vers des pays qui leur sont devenus inconnus!...voilà où faut défendre la liberté Mr RENAUD, pas en déclarant comme un gros con "Je voudrai qu'on lise la lettre d'Ingrid dans les école...Guy Moquet c'est Ingrid aujourd'hui"...la chose la plus débile qu'on puisse entendre sortant de la bouche de feu titi parigot se réclamant des plus grands libertaires, de Bruant, de Brassens...honte sur toi le frangin, honte sur toi le poto!...je pensais qu'après le mariage sur papier glacé de Paris Match tu allais soit te ressaisir, soit te remettre à écumer les troquets mais non...il manque plus que tu la ramènes aux côtés du Sarko et de Sardou pourquoi pas, devant la mairie de Paris et la messe sera dite!

band' de cons!
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Mercredi 2 juillet 2008


"Ha mais bien sûr, je vais porter plainte" s'écriait le père d'un enfant blessé lors de la fusillade involontaire d'un volontaire de nos armées de terre Française nationale de la patrie de la France...

Moi j'dis quand on en arrive à être un gros con au point d'emmener son gamin voir une simulation de prise d'otage par les paras de Carcassonne, avec toute la violence que celà implique, et avec tout l'intérêt pédagogique que ça a pour un enfant, ben on lève les yeux au ciel, plein de gratitude pour remercier qui on veut mais pour le remercier quand même, d'avoir fait que cet enfant ne soit pas mort...et, on ferme sa grande gueule de gros con de franchouillard de m....

Dans le même genre pour les sarkosystes qui s'emmerdent le dimanche, et qui ne savent pas où aller digérer leur gigot, quelques pistes...

-> simulation d'exécution somaire en condition de guérilla urbaine, avec barbe à papa et chateau gonfable...
-> simulation d' embuscade en condition de guerilla urbaine, par la compagnie Républicaine de Sécurité, apéros offerts!
-> stage d'auto défense à l'arme blanche en condition d'ébriété post défaite footbalistique à la sortie du stade...
etc...

S'il y avait eu une seule victime on aurait au moins plus jamais entendu parler de ces putes de journées portes ouvertes de m...!

 "Regarde mon fils le beau tank de la patrie...imagine ça en plein bagdad, armé d'un fusil de précision FRF2, encore mieux que Opération Darkness sur ta console!! rhâ ça doit dégomer du gris ça! "

conclusion: les Français sont (toujours plus) des cons!


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Mardi 1 juillet 2008
Réfugiée en France sous l’ère Mitterrand, cette ancienne des Brigades rouges est menacée d’extradition. Trente ans après les années de plomb, l’Italie ne parvient pas à tourner la page.
NATHALIE DUBOIS et ÉRIC JOZSEF (à Rome) Libé, aujourd'hui.


Cela fait deux mois que Marina Petrella se laisse sombrer dans ce qu’elle appelle sa «chambre mortuaire» : une minuscule pièce d’isolement à l’hôpital psychiatrique de Villejuif, seulement «meublée» d’un lit scellé au sol et d’un seau hygiénique. Face à des murs blancs et nus, elle n’a ni radio ni télévision, ni lecture d’aucune sorte. De toute façon, ses lunettes lui ont été confisquées… Depuis la visite de deux parlementaires, le communiste Patrick Braouezec et la verte Dominique Voynet, on lui a juste concédé l’accès à un cabinet de toilette. «Le deuil sera le dernier cadeau d’amour que je pourrai faire à mes deux filles», dit cette Italienne de 54 ans, qui refuse que ses enfants la voient mourir à petit feu. «Vidée» par dix mois de prison, Marina Petrella n’arrive plus à boire, ni à manger. Elle est dans «un état dépressif gravissime», traverse «une crise suicidaire franche et très inquiétante», ont diagnostiqué les médecins de la maison d’arrêt de Fresnes. Ce sont eux qui l’ont fait hospitaliser, jugeant son «état totalement incompatible avec le maintien en détention». La vie de cette ancienne membre des Brigades rouges (BR) a basculé le 21 août 2007, lorsque son passé l’a rattrapée, trente ans après son enrôlement dans le terrorisme d’extrême gauche.

«J’ai pris un TGV dans la tête», nous a-t-elle confié par l’intermédiaire de son avocate, quelques jours après la signature, par le Premier ministre François Fillon, du décret l’extradant vers l’Italie pour y purger une peine de prison à perpétuité. A l’heure où la France prend la présidence de l’Union européenne, voilà que les années de plomb refont surface entre Rome et Paris, preuve que le dossier des exilés italiens n’est pas un dossier judiciaire comme les autres.



«Le droit d’asile doit être respecté pour les réfugiés. Mais les terroristes sont-ils des réfugiés?»
se demandait ainsi Carla Bruni-Sarkozy (Libération du 20 juin), en réponse à une question sur le sort à réserver aux anciens des Brigades rouges. A dire vrai, l’arrivée à l’Elysée d’une Bruni-Tedeschi n’avait pas rassuré le comité de soutien à Marina Petrella : chacun sait que la famille du riche industriel turinois s’était repliée en France en 1973 pour fuir les rapts mafieux et la guérilla urbaine déchaînée contre les symboles du grand capital et de «l’Etat impérialiste». Un peu plus tard, débute un autre mouvement migratoire : la répression s’intensifiant à Rome, 150 à 200 activistes italiens de tout poil viennent se mettre à l’abri de l’autre côté des Alpes.

Grand virage

Membres de partis armés comme les BR et Prima Linea, ou de la myriade de groupuscules issus de la mouvance autonome, tous viennent profiter de l’asile de fait que leur octroie la France, après l’élection en 1981 du premier président de la République socialiste. Un statut que la presse résume sous le nom de «doctrine Mitterrand». Son principe : les exilés politiques qui renoncent au terrorisme auront droit à une nouvelle chance. Comme l’explique le chef de l’Etat, en 1985, au congrès de la Ligue des droits de l’homme, il s’agit d’héberger ceux qui «ont rompu avec la machine infernale, le proclament et ont abordé une deuxième phase de leur vie». Le gouvernement italien en est informé. «Bien entendu,poursuit Mitterrand, si tel ou tel manquait à ses engagements, nous trompait, nous frapperions. […] Et nous l’extraderions !»

C’est la ligne que suivra durant près de vingt ans l’Etat, sous trois septennats et neuf Premiers ministres, de gauche comme de droite. Jusqu’au grand virage de 2002. Après les attentats du 11 septembre 2001 et l’apparition d’une nouvelle génération de Brigades rouges en Italie, Jean-Pierre Raffarin et son garde des Sceaux Dominique Perben ne veulent pas donner l’impression de badiner avec le terrorisme : deux réfugiés en font les frais, l’universitaire Paolo Persichetti, livré en 2002, puis le romancier Cesare Battisti, qui s’enfuit au Brésil en 2004.

«Paolo, Cesare, Marina, et après ?» La question est sur l’une des pancartes brandies dans la petite foule des amis de l’ex-brigadiste. Parmi ces soutiens qui manifestent chaque semaine depuis que François Fillon a signé, le 9 juin, le décret d’extradition Marina Petrella, il y a Elisa, sa fille aînée. Cette jeune fille blonde est née il y a 24 ans dans une prison romaine, où son père et sa mère étaient détenus en attente de leur procès. Tous deux membres de la «colonne romaine» des Brigades rouges. Sa naissance derrière les barreaux, dit l’étudiante en linguistique, «n’était pas le fruit d’un choix égoïste mais bien le signe qu’une page s’était déjà tournée pour ma mère. C’était sa façon d’entamer un nouveau chemin de vie».

Condamnée à perpétuité

Marina Petrella n’a pas 15 ans quand s’amorce le Mai 68 italien, qui va agiter la péninsule durant plus d’une décennie. Dès le lycée, elle milite. Elle et son frère cadet Stefano appartiennent au collectif Viva Il Comunismo. Trois ans après le bac, Marina saute le pas de la lutte armée et s’engage dans les BR, avec son frère et son amant, Luigi Novelli. Ils font partie de la colonne romaine, dont l’action la plus spectaculaire est l’enlèvement d’Aldo Moro, le leader de la Démocratie chrétienne, exécuté le 9 mai 1978 après cinquante-cinq jours de captivité. Fin 1982, alors que le mouvement vit ses dernières heures, Marina et son compagnon sont arrêtés et rejoignent les quelque 1 500 brigadistes déjà derrière les barreaux. Ils attendront 1988 pour connaître leur sort, le temps que les magistrats noircissent des milliers de pages d’instruction contre tous ces militants armés qui ont cru à la révolution prolétarienne.

Avec 170 co-inculpés, c’est un maxiprocès. Marina, son frère et son mari sont condamnés à la perpétuité, pour l’ensemble des crimes et meurtres commis par les BR de Rome entre 1976 et 1982. Aucun des trois n’a ouvert la bouche, sinon pour reconnaître son appartenance au mouvement. A la différence des «repentis» auxquels la justice offre de grosses remises de peines, Marina ne renie pas la cause. Elle prend le maximum, d’autant que l’arsenal des lois antiterroristes sanctionne jusqu’au «concours moral» à la lutte armée. «C’est le cas de Marina, plaide son ancien avocat Giuseppe Mattina. Elle n’a pas été condamnée en tant qu’exécutante matérielle, mais en tant que dirigeante des BR du quartier de Primavalle. Les juges l’ont déclarée coupable sur une base purement spatio-temporelle.» Pourtant, dès 1988, les magistrats ne semblent déjà plus voir en elle une dangereuse terroriste : ils laissent cette jeune mère en liberté, sous contrôle judiciaire. Tant que sa peine n’est pas confirmée en cassation, Marina qui a déjà purgé huit ans de détention préventive travaille dans une coopérative agricole. Jusqu’en avril 1993 où, sa condamnation menaçant de devenir définitive, elle prend un train avec la petite Elisa. Direction l’exil.

Une fois en France, tous ces Italiens acceptent de se signaler et d’être joignables à tout moment par l’intermédiaire de leurs avocats. «Notre souci était d’éviter les effets pervers de la clandestinité, qui génère des petits chefs et des dérives vers la délinquance de droit commun», explique aujourd’hui le magistrat Louis Joinet, en charge du dossier à Matignon pendant toute cette époque. Selon lui, une réflexion de Mitterrand résume l’esprit de la position française : «La vraie question politique que pose le terrorisme est, certes, de savoir comment on y entre, mais surtout comment on en sort.» Fondateur du Syndicat de la magistrature, puis inlassable défenseur des droits de l’homme pendant un quart de siècle à l’ONU, Louis Joinet comprend que ce n’est soit «pas facile pour les familles des victimes», mais constate que, partout dans le monde, «la plupart des processus de retour à la paix ou à la démocratie comportent une marge d’impunité et passent par une amnistie. Mais cela suppose qu’un dialogue puisse s’instaurer».

A Rome, la volonté de tourner durablement cette page n’est toujours pas là. «Une issue politique aurait été la meilleure solution mais pour une série de raisons cela n’a pas été possible», regrette l’universitaire et ancien parlementaire Stefano Rodotà, qui évoque pêle-mêle le choc laissé dans l’opinion publique par l’affaire Moro, des épisodes terroristes ponctuels «laissant craindre que cette époque n’était pas totalement terminée» ou encore «certains aspects des années de plomb qui n’ont jamais été élucidés et que l’on continue de découvrir peu à peu».

Le gros de l’orage terroriste passé, l’Italie a toutefois vite œuvré à vider ses geôles de ces milliers de détenus se clamant «prisonniers politiques». «A un moment, on a pensé que le meilleur moyen pour vaincre le terrorisme, c’était d’utiliser le système des remises de peine à travers les repentis notamment», analyse Stefano Rodotà qui s’est battu contre les excès de la législation antiterroriste. Environ dix ans après les faits, les premiers activistes commencent à sortir de prison. «Si Petrella était restée en Italie, elle serait depuis longtemps en liberté ou en semi-liberté», va même jusqu’à remarquer le journaliste Giovanni Fasanella, auteur d’un livre d’entretien avec le cofondateur des BR, Alberto Franceschini.

Réinsertion exemplaire

Derrière les barreaux, ne restent que quelques irréductibles. La plupart des activistes d’extrême gauche ont recouvré une liberté totale ou partielle : tous les protagonistes du rapt de Moro sont sortis de prison ou n’y rentrent que le soir pour y dormir ! Cerveau et bras armé de cette exécution, condamné six fois à la perpétuité, Mario Moretti a bénéficié de la liberté conditionnelle au bout de douze ans. L’ex-mari de Marina et son frère Stefano sont libres. Quant à Paolo Persichetti, il quitte depuis peu la prison de Rome pour aller travailler chaque matin dans un journal.

Cela n’empêche pas Rome de présenter régulièrement à Paris la liste d’une douzaine d’extrémistes de gauche à lui livrer en priorité. Pour l’avocate Irène Terrel, qui défend la plupart de ces Italiens, «la France se déshonore en reniant l’asile de fait qu’elle a concédé en toute connaissance de cause». Marina Petrella, qui a eu une seconde fille, née sur le sol français en 1997, bénéficiait d’un titre de séjour. Durant ses sept premières années en banlieue parisienne, elle a travaillé à l’entretien d’espaces verts. Puis s’est investie dans le social, s’occupant des défavorisés. C’est donc en toute confiance qu’elle se rendait au commissariat d’Argenteuil (Val-d’Oise), le 21 août 2007, pour une banale histoire de carte grise. On la jette en prison. En Italie, l’affaire n’émeut pratiquement personne. «Cela n’a pas de sens d’extrader Marina Petrella ou de mettre aujourd’hui les brigadistes en prison, considère Giovanni Fasanella qui ajoute, mais il est temps qu’ils parlent et aident à établir la vérité de ces années-là d’un point de vue historique».En France, des personnalités comme le scientifique Albert Jacquard, l’historien Jean Lacouture ou le philosophe Edgar Morin, et des hommes d’Eglise ont écrit une lettre à Sarkozy pour souligner la réinsertion «exemplaire» de Marina Petrella et lui rappeler la valeur de la parole donnée par la République. En face, le silence reste total. En dernier recours, ses défenseurs ont saisi le Conseil d’Etat. Avec l’espoir que le gouvernement, au nom de la gravité de son état de santé, refusera finalement de la renvoyer vers les prisons italiennes.

SIGNEZ LA PETITION

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Mardi 1 juillet 2008



Nous méritons ce qui nous arrive parce que nous sommes des moutons, parce que nous sommes aveugles, ignorants, soumis. Une bande de gangsters se réunissent à Bruxelles et décident que nous, les Européens, nous allons travailler 20 heures de plus par semaine. Et en plus ils nous crachent à la figure en nous disant que c’est "un pas en avant pour les travailleurs".

J’imagine qu’une fois le pacte conclu, ils ont dû trinquer avec du champagne tous ensemble avec leurs copains les patrons.

Eh bien non ! ce n’est pas un pas en avant pour les travailleurs, c’est un recul d’un siècle des conquêtes sociales qui ont coûté tellement d’efforts, de sueur et de sang à un si grand nombre de travailleurs courageux qui se sont sacrifiés.

Ils l’ont fait pour eux mêmes et pour leurs familles, mais nous en avons profité. Et pendant ce temps, la classe des patrons n’a pas cessé d’essayer de reprendre son taux de pouvoir et d’exploitation. Ils ont tout utilisé : la force, la corruption, la propagande, selon les circonstances. Pour finir, ils y sont arrivés.

Bien entendu, ils nous disent que c’est bon pour nous ; vous ne vous attendez tout de même pas à ce qu’ils vous disent qu’ils veulent vous exploiter davantage et que votre vie familiale va partir à vau-l’eau. Et comme nous sommes des moutons, nous avalons ça. Tout est fait pour notre bien, pour la compétitivité, pour le progrès, pour une société moderne. Il faut faire aussi bien que les travailleurs des pays de l’Est qui font déjà autant d’heures et c’est même pour ça qu’ils sont tellement heureux.

Est-ce que vous comprenez bien maintenant tout l’intérêt qu’il y a à élargir l’Union Européenne ?

Nous aligner par le bas, jamais par le haut.

Notre quotidien “de gauche” : El País » malgré un semblant d’opposition à cette mesure la soutient sans le dire.

« En vérité cette mesure ne fait qu’autoriser la semaine de 60 - 65 heures ; elle ne l’impose pas. De sorte que dans les pays plus sensibles aux droits sociaux, comme le nôtre, elle ne sera pas appliquée ».

-  Comment ça « elle autorise mais elle n’impose pas » ?

-  Par hasard, l’actuelle durée de 40 ou 48 heures hebdomadaires, a-t-elle été imposée ?

-  Sont-ils obligés, les patrons, de nous faire travailler toutes ces heures-là ?

NON.

-  Mais, dites-moi un peu où il est ce petit malin qui va se présenter pour un entretien d’embauche et qui va exiger de faire 30 heures hebdomadaires ?

On va lui dire : « Fort bien ; mais nous avons là une liste de candidats tous prêts à travailler un plus grand nombre d’heures. On vous écrira » C’est cela que veut dire « elle autorise » ; c’est la voie ouverte à l’exploitation.

-  Et quelle est cette blague comme quoi nous serions plus « sensibles aux droits sociaux » ?

-  Pourquoi avons-nous voté pour le Parti Populaire alors ? Et pourquoi avons-nous voté pour un gouvernement « socialiste » (ajoutez 60 guillemets) qui fait pratiquement pareil que la droite, qui approuve les contrats-pourris, qui permet la spéculation sauvage, qui achète les syndicats pour qu’ils ne bougent pas, qui baisse les impôts des riches, qui sabote l’Education Nationale et qui augmente comme jamais le budget militaire ?

Notre « sensible » gouvernement « ouvrier » s’est ABSTENU lors du vote de cette loi d’exploitation. Sa sensibilité est allée jusque là.

-  Que va-t-il se passer quand commenceront à se multiplier les contrats de 60 ou 65 heures par semaine et qu’ici, en Espagne, on en sera encore à 40 ?

-  Y a-t-il quelqu’un d’assez naïf pour croire que le gouvernement en place aura le moindre scrupule à nous fourguer son « nous ne pouvons pas aller à contre-courant » et que « dans notre intérêt » nous devons faire comme les autres ?

-  Mais qu’est-ce que ça veut dire 60 heures par semaine ?

Mettons une demi heure pour aller au travail et une demi heure pour revenir avec une heure pour le déjeuner. Cela veut dire, par exemple, sortir de chez soi à 7 H 30 du matin pour embaucher à 8 H, manger de 14 H à 15 H, travailler jusqu’à 21 H et rentrer chez soi à 21 H 30. Mais quel bonheur ! Vraiment c’est un grand progrès ! Je saute de joie face à un tel avenir. Bien sûr, nous pouvons aussi ne travailler que 10 H du lundi au samedi. Dans ce cas, nous pourrons rentrer à la maison à 19 H 30, débordants d’énergie, pour nous retrouver en famille. Et le dimanche : du foot !

Je me mets maintenant dans la peau d’un de ces grands patrons qui décident de nos vies. Ils gagnent beaucoup d’argent et leurs revenus grimpent infiniment plus vite que l’inflation, c’est-à-dire très au-dessus de la masse salariale moutonnière. Les horaires de travail ça ne les concerne pas.

Leur vie à eux ce sont les repas d’affaires, les conciliabules avec leurs collègues sur les terrains de golf toujours très bien arrosés et aussi les croisières sur leurs yachts qui jamais ne manquent de carburant.

Durant leur temps libre, c’est-à-dire celui qui est encore plus libre, ils assistent à des dîners de gala, ils fréquentent leurs complices les politiciens, ils sont interviewés à la télé pour nous donner des leçons de morale et ils reçoivent les hommages que leur vaut leur générosité. Qu’est-ce qu’ils ont dû rigoler et comme ils doivent se frotter les mains en pensant aux bénéfices supplémentaires qu’ils vont tirer de l’exploitation de leurs salariés !

J’ai dit que nous sommes des moutons parce que, comme les moutons, ils nous exploitent et nous ne nous plaignons pas ; ils nous mettent une carotte devant le nez et nous avançons ; nous devenons vieux et ils nous jettent. Mais nous ne sommes pas nés ainsi et nous ne sommes pas obligés d’accepter ce sort, même s’ils ont considérablement érodé notre non-conformisme naturel déjà depuis notre enfance. Nous savons ce qu’ils sont en train de manigancer et nous savons que nous n’en voulons pas.

Après tout, Bruxelles, ce n’est pas si loin que ça.

Texte traduit de l’espagnol par Manuel Colinas pour Investig’Action

Source : Kaos en la Red, lu sur Bellaciao

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Dimanche 29 juin 2008















par BRUNO publié dans : >>> mon GRAFIZM
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Dimanche 29 juin 2008
Putain!...bordel!!!

Y'en a marre de ces gens de qui tu reçois 1 mail par jour (minimum) de conneries de pièces jointes de merde sans un mot accompagné, sans un bonjour , un merde, un petit mot quoi...
Un outil formidable existe qui s'appelle la messagerie, le mail, qui facilite ou du moins participe à la communication entre les hommes, et y'a toujours des cons pour s'en servir de passe temps à la con en jointant des pièces jointes de merde, à la con!

Excédé dernièrement par des pièces jointes moralistes avec comme vous pouvez l'imaginer de très belles images de coucher de soleil et de cascades avec des papillons et de l'herbe verte fluo, le tout illustrant de très belles citations de sages contemporains; j'ai rapidement fait une recherche sur internet afin de trouver à mon tour une pièce jointe bidon, ou un texte sympa qui me permettrait de faire comprendre gentiement que je n'ai ni le temps ni l'envie de communiquer de la sorte, et pour aller vite, que ça commence à me puer grave de me faire infecter quotidiennement de mails de ce genre alors que je reçois dejà une centaine de spams par jours!!!



Et vas y que je te reçois la piece jointe de tata simone, qui s'emmerde tellement au boulot qu'elle te powerpointe la gueule de nounours qui en clignant de l'oeil viennent te souhaiter une bonne journée et te faire comprendre que le bonheur c'est simple comme, etc...
Et vas y que je te reçois récement le powerpoint bien lourd du pote baba cool qui  vient te polluer de bon matin ton café noir vital avec des pièces jointes moralistes de curetons bourrées de banalités de premier degrès qui de bon matin ont le don de me foutre en rogne...

Bon, la tata simone c'est réglé,
mais lui là j'en peux plus, merdalafin!...

Je fais des efforts pour éviter le mail plutôt direct qui me ferait encore passer pour un diablotin déshumanisé, tournant le dos à la sagesse humaine, aux papillons bleus et aux couchers de soleils qui poussent à la réflexion spirituelle intense...

ho oui que j'en fais des efforts! des efforts surhumains, à en tapoter nerveusement sur le dos de ma souris, à m'en mordre l'intérieur de la joue de façon inconsidérée, à...

Bon,
résultat des courses dans ma recherche: pas grand chose...
Mais comme quand on recherche sur le net on ne sait jamais où celà va nous mener je suis tombé sur ce texte issu d'un blog que je sens que je vais adorer pour les 10 prochaines années ...le genre de blog où on se défoule, avec des vérités bonnes à dire qu'on dit,
de façon plutôt radicale,
par des gens qui n'aiment pas tourner autour du pot!
j'aime ça!
j'me sens moins seul!

...lisez plutôt!
_______________________________

POWERPOINT DE BEAUF

La vie est pleine de désillusions et de surprises. Toute sa vie d’étudiant on balise quant à notre avenir, avec la peur du monde professionnel et l’incertitude du futur. On va tout de suite démystifier la chose. Soit on est ambitieux et on va bosser dans une PME, soit on est un trou du cul faignant et on va se perdre dans une grosse entreprise.

En gros la réussite dans ces grosses entreprises tient aux liens sociaux qu’on va tisser dans la hiérarchie (sisi ! le travail n’a rien à voir avec la réussite, ca se saurait). Qui dit lien social dit humour, qui dit humour d’entreprise dit blagues powerpoint de beauf. Et là en matière de connerie, il y a de quoi faire…

Je ne sais pas s’il y a des mecs payés pour produire ces saloperies, mais en matière de mauvais goût, on peut difficilement faire pire. La recette est simple : utilisation obligatoire de Comic Sans MS, détourage ignoble qui grille les pupilles, au moins une photo de vagin en gros plan et une chute bien merdique pour la dernière diapo. C’est prêt, vous pouvez balancer sur toutes les boites mail et pourrir vos collègues.

Mais pire que les putes qui créent ces torchons numériques, les vrais cons sont les gens qui stockent et transfèrent les blagues « pépété ». Tout bon enculé employé a son dossier avec plusieurs giga de blagues beauf, rangées aux côtés de la compilation YetiSports. Tu parles un beau gros vagin d’une pétasse en plein écran ca égaye ta journée de merde avant d’aller retrouver ta femme ménopausée à la maison…

Et puis toi le petit jeune, t’es forcément marrant et con puisque t’es jeune, donc on te fout systématiquement dans ces chaines de la mort. T’es obligé de rire pour pas te faire prendre pour un gros coincé du cul et mourir seul dans ton bureau. Au secours...

La vie de prolétaire n’a pas que de bons côtés. Mort au mauvais goût, mort aux cons, mort aux français.

Bonne soirée à toutes et à tous.
par BRUNO publié dans : >>> mes BLABLAs
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Jeudi 26 juin 2008
Je fais pas partie de la génération portab'...entendez téléphone portable.
C'est vrai que je suis pas tout jeune, 36 balais et depuis cette année seulement un sensation amère de vieillir, tout simplement!...Un film m'a récement fait un effet boeuf dans le genre, "Nés en 68", un florilège de repère historiques, de 68 à nos jours, et en ce qui me concerne, de 72 à nos jours...un super film dans lequel joue la splendide, sur tous les points, Laetitia Casta.
Bref, à voir!
(seulement à l'Utopia, malheureusement)

Donc pour en revenir à nos troupeaux de moutons du Lot dans les années communautaire d'il y a 40 ans, j'suis pas portable, et donc? et donc: YOUPIIII puisque maintenant on nous dit que c'est pas bien, pas bon pour la santé, pour nos p'tits cerveaux qui a l'image de leur mère nourricière seraient pour le coup menacés eux aussi de surchauffe...les champs électromagnétrucs qui nous traverseraient le crâne de part en part, nous magnétrucant le neuronne, en quelquesorte!
Donc là, tous les mecs qui sont pas portables (y'en a?) ils se disent: "ouf! ben moi au moins!...ben moi au moins, pas! moi au moins non!" , ou un truc dans le style, sans penser sur le coup qu'ils sont entourés de toute façon d'ondes de toute sortes, des milliers d'ondes qu'ils bouffent à longueur de journée!...et que par exemple leur portable est connecté au monde via le...wifi! etc...
Bref, j'suis pas portable!

Et donc, pour en revenir à nos troupeaux de boeufs des plateaux sauvages du centre de l'argentine, suite à cette annonce de scientitrucs sur les ondes électromagnétrucs, une boîte qui vend des oreillettes (avant c'était un gateau que ma mamie faisait par centaines en chantant "ô bella ciao ciao ciao" devant sa gazinière) a fait son petit coup publicitaire que tous le monde a dû voir sur youtube ou autre portail vidéo; on y voit , filmé genre amateur, des copains faisant sonner 4 portables autour de grains de maïs à pop corn...et pop! et corn! le maïs!
rhô dis donc, malheuuuur, horreuuuur...et surtout débiliteur moi j'dis! comme si les gens avaient pas déjà assez peur comme ça tous les soirs à 20 heures!!!!
Bref, j'adore les pop, mais sur c'coup là je suis pas corn! (c'est nul)

Et, donc, pour en revenir à notre meute de cochons sauvages corses sur les sommets du Monte cinto, j'ai trouvé en réaction à celà une pitite vidéo comme je les aime en ces moments de paniques télécommunica...tionnés...? ha non, télécommandés on dit! bref, paniques téléphonique sa mère quoi!
...en réaction à celà donc, une petite vidéo comme on les aime quand pour compensser un état de pré-panique moderne on a besoin de s'marrer un peu même sans alcool! dans le style "expérience culinaire télécommandée", ou "Maïté a déconné elle est encore bourrée", ou...
Et donc...
et donc je ne résiste pas à l'envie de la partager avec vous, voilà!
tadaaaaa....

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Jeudi 26 juin 2008
...et puis aujourd'hui, on parle d'une petite victoire, du peuple, par le peuple, pour le peuple, avec ce jugement rendu par un tribunal , au coeur de la Bretagne du finistère que j'aime tant, et qui dit que non, l'hosto local ne fermera pas!
Même si ça coûte cher, même si c'est déficitaire, le service public doit être maintenu!
et ça ben , ça fait du bien!
Des mois que les gens se bougent le cul, manifestent, s'indignent...et finalement, oui, leurs vies et la qualité de ces vies, ont été enfin reconnues comme valant plus que leurs profits!

Alors pour faire une pirouette sur l'article d'hier, la bouteille, on peut la boire à ça!...sauf qu'on la mettra pas au récup' verre après, ça peut servir, on va pas l'oublier!

par BRUNO publié dans : >>> mes BLABLAs
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Mercredi 25 juin 2008
Une bouteille en verre en partie remplie de liquide inflammable,

Les centres de rétention surpeuplés de familles brûlent, les vies continuent de se briser, ici, chez nous, chez eux!
juste pour un chiffre, pour le chiffre, pour le quota du Brice Jifoul'feux!

L'embout de la bouteille est bouché par le haut avec un bouchon hermétique,

Ils nous bousillent nos écoles, méprisent nos instits, nos enfants donc. Sous le mot "réforme" se cache la mort du service public d'éducation nationale. Exit la pédagogie, les iufm, Exit les instits, et vive les exécutants! (voir la journée d'Enzo ci dessous, le 13 sept 2013)
Au bon vouloir du prince les ministres s'agitent, imposent, dans une incohérence totale mais surtout dans une direction ultra conservatrice comme peu de pays osent le faire, et l'appliquer!

un morceau de tissu est solidement fixé autour du haut de la bouteille.

Au moment où le Capo annonce le doublement du budget pour les soins palliatifs, ses ministres annoncent les dérembourssements de traitements de logues maladies.
T'es pauvre? tu crèves plus vite!...tu souffriras moins de ta condition!...une belle vision du soin palliatif! ça va loin, très loin!

Imbiber
préalablement le chiffon dans un liquide inflammable juste avant de l'employer.

...3 pubs politiques à la téloche, c'est nouveau, c'est...comment dire...de la propagande d'Etat, à heures de grande écoute, une télévision d'Etat mon général!

Français! Tu dois bosser, te lever tôt, pour gagner plus, parceque tout est plus cher!

Et le net, taxé! la liberté d'information, d'expression, va falloir la payer! et mieux la fliquer!

...la France ça sonne bleu flic,

Une fois le chiffon allumé, la bouteille est jetée sur la cible.

blanc de peau,
et rouge sang!

ça sonne comme une France qui aura de plus en plus peur, tous les soirs, à 20h...inévitablement!

La bouteille se brise sur l'impact, renversant son contenu inflammable sur la cible,
qui est alors mis à feu par le chiffon en flamme.





La journée d'Enzo le 13 sept 2012////


Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d’une grande marque.

La maîtresse parle, mais il a du mal à l’entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu’elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l’intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal.

Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades. On l’a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l’a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.

Il a commencé l’école l’an dernier, à 5 ans. L’école maternelle n’est plus obligatoire, c’est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l’école à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l’accueil et le goûter n’existent plus, place à la morale, à l’alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie. L’école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès.

Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l’école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l’aider pour les devoirs, ils font trop d’heures supplémentaires. Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l’école, pour aider son grand-père, qui n’a presque pas de retraite.

Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais. Enzo n’oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu'il n'avait pas de papiers... Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.

Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l’assurance, et ses parents n’ont pas les moyens.

L’an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l’école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L’EPEP (établissements publics d’enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d’enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.

Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par cœur. Mais sa mère dit qu’il n’y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d’Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l’usine est partie là-bas. Il ne l’a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s’appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille dame disait hier que c’est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !

Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune sœur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l’école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c’était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner.

Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n’est pas payée. Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c’est épuisant. » Surtout qu’elle dort dans le salon chez Enzo, elle n’a pas assez d’argent pour se payer un loyer.

Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l’abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d’Arc et les dix commandements par cœur. C’est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien…

Enzo se demande pourquoi il est là. Pourquoi Saïd a dû partir. Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit. Pourquoi et comment les usines s’en vont en emportant le travail. Pourquoi ils sont si nombreux en classe. Pourquoi il n’a pas une maîtresse toute l’année. Pourquoi il devra prendre le bus. Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages. Pourquoi on le punit ainsi.POurquoi il n'a pas de lunettes. Pourquoi il a faim.

Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement. Est-ce l’école que nous voulons ? Le gouvernement a-t-il reçu un mandat populaire pour cela ? Qu’attendons nous pour réagir ?



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